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Point de Ruptures

Ruptures
Photo courtoisie, Karl jessy Mélissa Désormeaux-Poulin (Ariane Beaumont) et Isabel Richer (Claude Boily), dans le dernier épisode de Ruptures.

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Mélissa Désormeaux-Poulin n’éprouve généralement aucune difficulté à tourner la page. Habituée à passer de projet en projet depuis ses débuts au petit écran en 1989 dans Jamais deux sans toi, la comédienne sait comment boucler la boucle. Mais dans Ruptures, la tâche s’est avérée plus ardue que prévu. « C’était la première fois que c’était aussi difficile de dire bye, confie l’actrice de 38 ans. Des fois, j’étais incapable de donner mes répliques, parce que c’était ma dernière scène avec telle ou telle personne. »

Ruptures a marqué la carrière de Mélissa Désormeaux-Poulin. Durant 5 saisons et 60 épisodes, le drame judiciaire d’Isabelle Pelletier et Daniel Thibault a dépeint le quotidien en montagnes russes d’Ariane Beaumont, une avocate spécialisée en droit familial. La grande finale sera présentée lundi soir à Radio-Canada.

« Je porte encore le deuil, avoue Mélissa­­­ Désormeaux-Poulin. Ce n’est pas lourd, mais c’est présent. »

L’actrice n’a pas encore pleinement réalisé que l’aventure était terminée, puisque quelques jours après avoir terminé les tournages de Ruptures, elle commençait ceux d’Épidémie, une nouvelle série de suspense que TVA diffusera dès janvier. En d’autres termes, Mélissa Désormeaux-Poulin n’a pas eu assez de temps pour prendre conscience qu’elle n’aura plus jamais l’occasion de s’engueuler avec Catherine Trudeau (Marie Rousseau) en toge. Ou encore de traîner sa mallette à roulettes au palais de justice en courant en talons aiguilles... tout en gérant trois autres dossiers au cellulaire.

Des acteurs précieux

Du côté des auteurs, bien qu’ils aient fini d’écrire la série depuis plus longtemps, la période de deuil court toujours, surtout pour Isabelle Pelletier. « Quand tu vis 24 heures sur 24 avec des amis imaginaires, c’est difficile. Tu déjeunes avec, tu soupes avec... Tu prends ta douche, tu dors... »

Le deuil le plus douloureux qu’ils doivent surmonter demeure toutefois celui des comédiens, comme Isabel Richer (Claude), Vincent-Guillaume Otis (Étienne), Sylvie Léonard (Mireille) et – bien évidemment – Mélissa Désormeaux­-Poulin, qu’ils qualifient d’« extraordinaire­­­ locomotive ».

« Elle était précieuse, indique Daniel Thibault. Sans elle, Ruptures n’aurait pas connu autant de succès. J’en suis persuadé. »

« C’est une comédienne incroyable, mais c’est aussi une personne exceptionnelle, ajoute Isabelle Pelletier. Elle est dédiée. C’est une professionnelle jusqu’au bout des doigts. »

Un casse-tête

Les cotes d’écoute de Ruptures n’ont jamais fléchi depuis son entrée en ondes, en janvier 2016. Malgré un changement de case horaire et différents adversaires, sa moyenne de 984 000 téléspectateurs enregistrée la première année est demeurée inchangée, signe qu’il s’agissait d’une fiction fort appréciée. Cet automne, ses résultats atteignent même le million, selon les données confirmées de Numéris.

« Je suis contente, indique Mélissa Désormeaux­-Poulin. Les gens qui aimaient la série, ils l’aimaient au boutte ! »

Cet intérêt soutenu du public a mis une certaine pression sur Isabelle Pelletier­­­ et Daniel Thibault quand est venu le temps d’écrire la conclusion. « C’était extrêmement angoissant, admet­­­ Daniel Thibault. On sentait qu’on devait bien mettre les morceaux du puzzle ensemble. »

Une finale satisfaisante

Sans trop révéler de détails sur cette dernière heure de télévision, on peut affirmer qu’Isabelle Pelletier et Daniel Thibault ont relevé leur pari. Certes, la conclusion de Ruptures, réalisée par 

Rafaël­­ Ouellet, fait progresser à vitesse grand V des intrigues qui auraient mérité d’être développées sur plusieurs épisodes pour paraître 100 % vraisemblables, mais au bout du compte, on s’en balance. Les dernières minutes, qui proposent un saut temporel de quelques années, sont particulièrement satisfaisantes.

« On a juste récolté ce qu’on avait semé, déclare Daniel Thibault. Parce qu’on avait bien fait notre travail, c’était la seule conclusion logique. Il fallait juste suivre les trames des personnages. »

« Au départ, Ariane devait lâcher le droit pour devenir médiatrice, ajoute Isabelle Pelletier en parlant des intrigues rejetées au fil des saisons. Finalement, on est complètement allé ailleurs, parce qu’elle devait elle-même trouver un équilibre pour réussir à pratiquer un métier qu’elle aime, tout en ayant une vie personnelle gratifiante. C’était son enjeu. Elle n’avait pas besoin de laisser son boulot qu’elle adore. Elle avait seulement besoin de mieux s’entourer. » 

►ICI Télé diffuse la finale de Ruptures lundi 21 h.