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Initiation démocratique

Bureau de vote - élections provinciales 2008
Photo d'archives Relever le taux de participation aux élections, c’est la meilleure façon de protéger la démocratie.

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Bien que considéré par plusieurs comme un précieux trésor depuis près de 40 ans aux élections canadiennes, le droit de vote n’est exercé que par le tiers des gens en droit de le faire. La situation n’est guère plus reluisante au Québec et elle se révèle même alarmante dans plusieurs démocraties occidentales. 

Cette désertion démocratique est encore plus manifeste chez les jeunes. Ceux-ci préfèrent la rue aux urnes pour afficher leurs convictions et démontrer leurs engagements. 

Civix 

Ce désintéressement à l’égard du processus électoral chez les jeunes adultes ne date pas d’hier. Déjà en 2003, un jeune universitaire torontois, Taylor Gunn, en faisait le constat et s’affairait à y remédier. Il conclut rapidement qu’il fallait intéresser les votants aux élections avant qu’ils soient en droit de voter. Il leur créa alors un programme de simulation électorale. Ainsi est né l’OBNL Civix qui a eu le plaisir de constater une amélioration significative de la participation des jeunes électeurs à l’élection fédérale de 2015. 

C’est en 2017 qu’a émergé CIVIX-Québec avec l’appui de quelques personnalités québécoises comme John Parisella et Jean-Pierre Charbonneau. Ce dernier ne tarda pas à m’intéresser à la mission de l’organisme.  

Sous la direction d’une jeune Rimouskoise, Catherine McDonald, le bureau québécois n’a cessé de croître et de multiplier les activités auprès des jeunes, pour connaître un énorme succès lors de la dernière simulation électorale en marge des élections fédérales 2019. 

Au Canada, 1,2 million de jeunes ont participé à cette simulation et ils auraient élu un gouvernement minoritaire libéral avec le NPD comme opposition officielle.  

Au Québec, 112 855 élèves (801 écoles) ont coopéré à cet exercice démocratique, et le résultat reflétait les tendances observées ailleurs au Canada. Dans cette simulation, le Bloc québécois est arrivé en quatrième position avec les voix de 16 000 jeunes, devançant seulement les conservateurs parmi les partis qui ont des sièges au Parlement. 

Il est intéressant de noter que 80 % des jeunes qui ont participé à l’exercice ont déclaré avoir l’intention de voter lorsqu’ils seront âge de le faire. 

Dure leçon 

Si les politiciens veulent que les jeunes s’intéressent à la politique, ils doivent préalablement s’intéresser à eux et contribuer sans partisanerie à leur éducation démocratique.  

Les bloquistes ont savouré leur récente remontée, et le PQ est à la recherche d’un chef : il y a pourtant matière à réflexion dans l’examen des résultats québécois de la simulation électorale CIVIX. Ils peuvent aussi s’inquiéter, à la lumière de la simulation électorale menée par la DGE québécoise avec son programme « Électeurs en herbe », le PQ n’y ayant recueilli qu’un potentiel de 11 députés en 2018.  

Pour le mouvement indépendantiste considéré par plusieurs comme vieillissant et d’un autre âge, ces résultats devraient insuffler une plus grande sensibilité aux aspirations de ces futurs électeurs. La désignation de chefs qui sauront leur parler s’imposera.  

Chaque mouvance a toutefois ses leçons à tirer de l’exercice, nos jeunes étant plus verts et progressistes !