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Les bêtises

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Comme n’importe quelle personnalité publique, ça m’arrive de recevoir des bêtises par courriel. 

Neuf fois sur dix, en prenant la peine de répondre poliment à la personne, le ton change. Les gens semblent surpris qu’il y ait un humain de l’autre côté de l’écran. Recevoir une réponse, ça saisit.

Dans le respect 

En cinq ans à faire ça, ça ne m’est toutefois arrivé que trois fois de recevoir un commentaire qui s’en prenait à mon apparence physique. Une fois, un monsieur m’a traité de petit gros pas de cheveux. Je lui ai répondu que sa mère devait être fière de comment elle l’avait élevé. Il m’a réécrit en s’excusant, m’expliquant qu’il voulait juste attirer mon attention.

Plus récemment, j’ai fait un texte où je disais que les baby-boomers devraient moins critiquer les jeunes. Un monsieur m’a écrit en me traitant de petit gros des Classels. Pour se montrer digne représentant d’une génération sachant débattre dans le respect et s’appuyant sur des références actuelles, le monsieur a un peu manqué son coup.

Tout ça pour dire que c’est exceptionnel que ça m’arrive. 

Inacceptable 

Si j’étais une femme, je recevrais des insultes presque tous les jours. Je regarde les commentaires sous les textes de mes collègues. Elles se font traiter de laides, de connes, de mal baisées. Elles se font parler de leur linge ou de leur maquillage, de leur conjoint, de leurs ex ou on prétend qu’elle couche avec le politicien qu’elles défendent.

Exactement ce que dénonçait la députée Christine Labrie à l’Assemblée nationale cette semaine. Elle avait parfaitement raison.

On ne peut pas prétendre que l’égalité entre les hommes et les femmes est atteinte quand ces dernières payent un prix plus élevé pour s’exprimer en public. Il y a encore des gens pour qui il est intolérable de les entendre et qui voudraient qu’elles se taisent.

C’est inacceptable, et on doit tous, hommes ou femmes, dénoncer cette situation-là.