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Michael Bloomberg philanthrope: quand les bottines suivent les babines

Michael Bloomberg philanthrope: quand les bottines suivent les babines
AFP

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La campagne 2020 implique jusqu'à maintenant trois milliardaires.  

Si les Donald Trump, Tom Steyer et Michael Bloomberg ont parfaitement le droit de présenter leur candidature, des observateurs se demandent s'il faudra désormais être immensément riche pour accéder à la présidence. Déjà l'argent est le nerf de la guerre en politique américaine.   

Si les trois candidats sont maintenant sous les projecteurs, on oublie bien souvent qu’ils s’impliquent en politique depuis très longtemps. Chez les démocrates, Steyer et Bloomberg ont déjà été très généreux pour appuyer des candidatures. Ce dont on parle moins souvent, c’est que leur générosité ne se limite pas qu’à la sphère politique.   

Le site Axios dévoilait il y a peu l’étendue des contributions de Bloomberg et l’identité des organisations ou projets qui bénéficient de ces dons. L’ancien maire de New York s’est engagé à donner presque toute sa fortune à des œuvres. Il intervient là où les gouvernements échouent à ses yeux. Donne-t-il vraiment beaucoup? Plus de huit milliards de dollars jusqu’à maintenant.   

Bloomberg investit beaucoup en éducation supérieure, son alma mater Johns-Hopkins recevant à elle seule 1,8 milliard. Il ne limite cependant pas sa générosité à cette seule institution et d’autres projets de recherche attirent son attention.   

Au-delà du seul domaine de l’éducation, il appuie également des institutions qui font la promotion de l’art comme Tate ou The Shed. Dans ce dernier cas, il s’agit d’un centre culturel qui a ouvert ses portes à New York en avril dernier. On y fait la promotion des arts de la scène, des arts visuels et de la culture populaire. Si vous visitez New York, vous ne regretterez pas le détour. Le bâtiment qui abrite The Shed est situé dans la portion nord du High Line, le parc linéaire suspendu, qui à lui seul constitue une attraction.   

Michael Bloomberg philanthrope: quand les bottines suivent les babines
The Shed, AFP

Si l’éducation et les arts sont des domaines dans lesquels on s’attend à retrouver des milliardaires, Bloomberg diversifie encore plus ses contributions. Il a donné un milliard pour réduire le tabagisme, 500 millions pour lutter contre les changements climatiques (on lui doit la campagne Beyond Carbon) et 259 millions pour améliorer la sécurité routière.   

Je vous laisse déterminer si les candidatures de milliardaires comme Bloomberg doivent être encouragées ou si le risque qu’ils achètent des élections est trop grand. On peut aussi se questionner sur les bénéficiaires des contributions financières. L’argent qu’on y investit serait-il plus profitable si on le dirigeait vers ceux et celles qui en ont le plus besoin?   

Mais il y a une chose qu’on ne pourra reprocher à Michael Bloomberg : quand il s’engage dans un dossier ou dans un projet, il ne se limite pas qu’aux seuls mots. Les bottines suivent les babines comme on dit parfois. Les œuvres charitables de Bloomberg sont bien réelles et ses efforts louables.