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Une entreprise de Québec conçoit des fauteuils roulants «tout-terrain» pour les personnes à mobilité réduite

Cet équipement adapté permet d’agrandir « le terrain de jeu » de ses usagers

Trackz Mobilité
Photo Catherine Bouchard Luke Gingras, usager et représentant d’une entreprise d’équipement orthopédique, et Hugo Lefebvre (à droite), directeur général de Trackz Mobilité. M. Gingras estime que les déplacements en hiver sont beaucoup plus agréables et faciles, avec le fauteuil tout-terrain. Ce dernier a perdu l’usage de ses jambes il y a 35 ans, lors d’un accident de moto.

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Une entreprise de Québec a entièrement repensé le fauteuil roulant, pour en créer un de type «tout-terrain», un produit adapté qui permet aux personnes à mobilité réduite de profiter du plein air sans contraintes.  

Ce fameux «fauteuil tout-terrain» a été créé par Trackz Mobilité, située à Saint-Raymond dans Portneuf. L’entreprise souhaitait permettre aux personnes qui ont perdu l’usage de leurs jambes d’avoir la chance de « pouvoir retourner jouer dehors », précise Hugo Lefebvre, directeur général de Trackz Mobilité.   

«Il y avait un gros manque entre le fauteuil roulant standard et ceux qu’utilisent les parathlètes. Un de nos ingénieurs, qui est paraplégique, constatait qu’il ne pouvait plus sortir dehors pour jouer avec ses enfants», poursuit M. Lefebvre.   

Pendant huit ans, M. Lefebvre et ses trois associés ont planché sur le produit jusqu’à ce qu’ils parviennent au résultat voulu. Depuis un an, près d’une centaine de ces fauteuils ont trouvé preneurs aux quatre coins du globe.   

«Nous avons des clients en Angleterre, en France, en Australie, aux États-Unis et en Ukraine», énumère-t-il.   

Le fauteuil se distingue par ses pneus de type vélo de montagne, installés sur les deux roues sur le côté. À l’avant, le fauteuil possède une roue centrale qui permet une meilleure répartition du poids.   

Luke Gingras avec Charles Khuong-Lefebvre, qui a bien voulu essayer de faire la course.
Photo Catherine Bouchard
Luke Gingras avec Charles Khuong-Lefebvre, qui a bien voulu essayer de faire la course.

«Ça permet à l’utilisateur de passer un peu partout. Il peut aller jouer sur le gazon, sur la neige, dans le gravier et même aller à la plage», explique le directeur général.   

D’ailleurs, le fauteuil fabriqué par Trackz Mobilité est le seul autorisé à circuler dans les temples du Machu Picchu, au Pérou.   

Quotidien amélioré  

L’ex-athlète paralympique Luke Gingras, également propriétaire d’une entreprise d’équipements orthopédiques, estime que le quotidien d’une personne à mobilité réduite peut être grandement amélioré avec le fauteuil.   

«J’ai plus de facilité à faire plusieurs choses. L’hiver, c’est le truc le plus difficile pour une personne en fauteuil roulant. Mais ce fauteuil te permet d’aller sur des surfaces qui sont dures dans la neige», indique-t-il.   

Prix assez élevé  

Le fauteuil roulant se détaille à 5000 $, environ le prix d’un fauteuil régulier.   

Le coût d’acquisition est assez élevé, et l’entreprise en est consciente. Afin de permettre à des clients qui n’ont pas les moyens de se l’acheter de s’en procurer un, Trackz Mobilité offre de soutenir le client dans une campagne de financement qu’elle organise elle-même.   

«On aimerait vraiment aider au financement de ces gens qui ont besoin d’un fauteuil. On en a déjà fait un en cinq jours», explique M. Lefebvre, indiquant que tous les sous servent uniquement à aider financièrement l’achat du fauteuil.