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Fiables les sondages? Un petit guide pour s'y retrouver

Fiables les sondages? Un petit guide pour s'y retrouver

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Après la victoire de Donald Trump en 2016, bien des analystes et des observateurs ont pointé en direction des sondages, affirmant qu’ils ne reflétaient pas les tendances réelles.  

Les sondages ont le dos large et s’ils ne sont pas parfaits, on y voit parfois plus souvent ce qu’on espère que ce qu’ils contiennent réellement. S’intéresse-t-on toujours à la méthodologie, à l’échantillonnage ou au contexte? Je me plais parfois à rappeler à mes étudiants que notre cours de méthodologie en sciences humaines devrait suffire à y voir clair. Et je ne rigole qu’à moitié.   

Les bonnes maisons de sondage offrent de nos jours des résultats fiables et leur approche est rigoureuse. En 2016 par exemple, les meilleurs sondeurs ont obtenu des résultats à l’intérieur des marges d’erreur. Tous prédisaient une victoire d’Hillary Clinton pour le vote populaire et, dans trois États, Donald Trump a créé la surprise en s’imposant par moins de 1%. Le pourcentage d’erreur a même été historiquement faible lors de la dernière élection présidentielle.   

Fiables les sondages? Un petit guide pour s'y retrouver
Pew Research Center

Les sondages indiquaient même qu’il faudrait une «tempête parfaite» pour que le milliardaire passe devant l’ancienne secrétaire d’État, mais que c’était possible. En entrevue à Salut Bonjour à la veille de l’élection, je me souviens m’être «gardé une petite gêne» en soulignant cette possibilité, même si j’étais convaincu de la victoire d’Hillary Clinton.   

Le problème avec la multitude de sondages réside souvent dans le fait de déterminer quelles maisons sont les meilleures ou ce qui distingue un bon sondage d’un mauvais. Dans un topo publié le 19 novembre, le Pew Research Center nous aide à y voir plus clair.   

Le Pew s’intéresse d’abord aux nouvelles approches utilisées pour rejoindre les gens. On délaisse progressivement le téléphone (les bonnes vieilles lignes fixes) pour se diriger vers internet. Ici, on s’aventure en terrain encore relativement méconnu et on doit varier les approches pour s’assurer qu’on rejoint une diversité de répondants. Tous ces coups de sonde offrent donc une fiabilité variable, mais les plus méticuleux sont précis et ils offrent l’avantage d’être moins coûteux et plus rapides que les méthodes traditionnelles.   

Outre ce regard sur le développement des techniques, Pew tente aussi de nous aider à discriminer les bons des mauvais sondages. Comme pour la vérification de n’importe quelle information ou étude, distinguer le bon grain de l’ivraie exige un effort de notre part. Produisons-nous toujours cet effort de pousser la réflexion plus loin que nos préjugés ou notre première réaction souvent émotive?   

On nous suggère de valider un certain nombre de critères avant de retenir les résultats d’un sondage. S’intéresse-t-on à une diversité de répondants? Les proportions de chacun des groupes sont-elles représentatives en comparaison de la population totale? De manière générale, plus la maison de sondage considère d’indicateurs, meilleurs ses résultats seront meilleurs.  

Une dernière portion de la réflexion du Pew a retenu mon attention. Que faut-il penser des agrégateurs de sondage? J’aime bien y recourir à l’occasion tout en étant bien conscient qu’ils comportent un risque de déformation. Si le Pew les considère comme utiles, il met en garde contre la qualité inégale de tous ces sondages qu’on mélange sans égard à leur valeur intrinsèque.   

L’élection 2020 approche à grands pas et une fois de plus analystes, observateurs et simples curieux verront défiler un grand nombre de sondages. Vous pouvez considérer qu’ils sont scientifiques et rigoureux dans l’ensemble tout en demeurant vigilants.   

Si vous souhaitez poursuivre votre réflexion ou étudier ce phénomène en profondeur, je vous le laisse le lien vers la réflexion du Pew Research Center ici .