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La radio à Montréal: 100 ans déjà

L'immeuble RCA en 1912
Photo courtoisie, Musée des ondes Émile-Berliner L'immeuble RCA en 1912

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Ce n’est pas d’hier que Montréal est un pôle important de recherches et d'innovation. C’était déjà le cas il y a 100 ans pour la radiodiffusion. Ça l’est encore aujourd’hui avec QUB radio, la station numérique de Québecor à laquelle je collabore. J’ai commencé à faire de la radio en 1964 à CKAC. De la plus vieille station francophone de Montréal à la plus nouvelle. 55 ans déjà.  

Le Musée des ondes Emile Berliner et la Société québécoise de collectionneurs de radios anciens (SQCRA) soulignent l’événement par une série de commémorations. La radio a joué un rôle important dans la démocratisation de l'information et de la culture par la diffusion en direct des nouvelles, de la musique et de la chanson à des auditeurs qui autrement n’y auraient pas accès. Les radios et les équipements nécessaires aux transmissions hertziennes ont donné des emplois à un grand nombre de Montréalais dans les usines de Marconi, RCA Victor, Northern Electric, General Electric et Westinghouse pour ne nommer que les plus célèbres. 

Si l’Italien Guglielmo Marconi, reconnu comme l'inventeur de la radio, réalisa en 1901 la première transmission sans fil Europe-Amérique en code morse, c'est un p’tit gars des Cantons-de-l’Est, Réginald Fessenden, qui réussit le premier à transmettre la voix. Les deux hommes ont créé des entreprises à Montréal tout comme l’inventeur du microphone, du gramophone et du disque plat, l’Allemand Emile Berliner. 

En 1918, quelques semaines après l’armistice, Marconi fonde à Montréal la Canadian Marconi Wireless Company qui crée l’une des toutes premières stations radiophoniques au monde. La XWA diffuse des émissions expérimentales en 1919 et la première émission de divertissements le soir du 20 mai 1920. On transmet également des bulletins de météo. XWA va devenir CFCF en 1922, l’année où le journal La Presse commence la diffusion de CKAC en tant que première radio francophone en Amérique du Nord. La première radio privée en France, Radiola, a effectué son premier essai de transmission le 26 juin 1922 et a diffusé son premier bulletin de nouvelles en janvier 1923. 

Portrait d’Émile Berliner à son bureau
Photo Courtoisie, Musée des ondes Émile-Berliner
Portrait d’Émile Berliner à son bureau

Pour transmettre la voix par radio, il faut un micro. Emile Berliner fonde à Montréal en 1899 la Emile Berliner Gramophone qui se lance dans la production de disques et de gramophones. En 1904, la compagnie installe son premier un studio d'enregistrement sur la rue Peel. 

La compagnie de Berliner qui devient la Victor Talking Machine Company of Canada prendra le nom de RCA Victor à compter de 1929. Dans ses installations du quartier Saint-Henri, la RCA va produire pendant des décennies des produits de haute technologie comme des systèmes de relais radio à micro-ondes, des satellites de communication et des équipements de télédiffusion. Depuis la dissolution de RCA en 1986, ses bâtiments logent, outre des bureaux et des commerces, le musée Emile Berliner. 

L’homme qui a littéralement inventé la «radio parlée», Réginald Fessenden, est né à Knowlton en Estrie en 1866. Avant lui, on ne transmettait par radio que du code morse. Dit-dah-dit-dit. Il a trouvé la façon de transmettre la voix. On lui doit la radio à modulation d'amplitude (AM). Il a étudié au Collège Bishop de Lennoxville qu’il a quitté sans diplôme pour aller enseigner aux Bermudes. 

Les recherches de Fessenden le conduisent à travailler aux États-Unis avec l’illustre Thomas Edison, fondateur de la General Electric. Ses réalisations incluent la première transmission de discours par radio en 1900. En novembre 1902, il s’associe à deux hommes d’affaires qui financent ses recherches. Des tensions entre Fessenden et ses deux associés l’amènent à créer à Montréal la compagnie Fessenden Wireless Telegraph en 1906 avec laquelle il espère concurrencer Marconi. Mais Ottawa a accordé à Marconi le droit exclusif d’opérer des stations sans fil au Canada. Des brevets importants de Fessenden sont vendus à la RCA par ses anciens associés. L’affaire entraîne des poursuites. En 1928, Fessenden s’entend avec la RCA, ce qui lui vaut un important règlement en espèces. Ayant obtenu plus de 500 brevets, ce qui témoigne de son talent prodigieux pour l'innovation, il est considéré comme l'un des ingénieurs électriciens les plus influents de tous les temps.