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Rien n’arrête les Ravens

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Photo AFP Le botteur Justin Tucker a eu droit au traitement royal de ses coéquipiers, qui l’ont porté en héros hors du terrain à la suite de son placement victorieux de 49 verges dans les derniers instants du match.

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Les cœurs sensibles étaient mieux de s’abstenir hier. La victoire de 20-17 remportée à l’arraché par les Ravens, qui se sont battus pour chaque parcelle de terrain face aux 49ers, n’a pas manqué de rappeler que le football est encore bel et bien un sport de contact. Ou plutôt un sport de collision.  

Cette confrontation au sommet opposait les deux équipes de l’heure dans la NFL. À la lumière du résultat, les Ravens sont officiellement l’équipe à battre à travers la ligue.   

Il y a quelques excellentes équipes, qu’il s’agisse des 49ers, des Saints, des Seahawks, des Packers ou des Patriots, mais à l’heure actuelle, il n’y a plus de débat possible. Les Ravens survolent la compétition tels des rapaces rôdant malicieusement autour des carcasses éventrées de leurs proies.  

La bande de Lamar Jackson a malmené jusqu’ici des clubs très bien nantis, qu’il s’agisse des Patriots, des Seahawks ou des Texans. Face aux 49ers, la tâche s’est avérée plus complexe, mais cette huitième victoire de suite vient prouver une fois pour toutes que les Ravens ne sont intimidés par personne, pas même une équipe qui a tenté de leur servir leur propre médecine, avec un style physique, dans la gorge.  

Gagner quand c’est dur  

C’est une chose de l’emporter en imposant sa formule pour prendre les devants tôt dans le match et ensuite pousser le rouleau compresseur au maximum, mais c’en est une autre de devoir lutter jusqu’au bout en pleine adversité.  

C’est exactement le scénario qui s’est produit face aux 49ers, qui ont pris les devants par 7-0 dès leur séquence initiale en convertissant un énorme quatrième essai. Ces mêmes 49ers ont ensuite répliqué coup sur coup à chaque assaut des Ravens, contrairement à bien d’autres adversaires intimidés.  

Les 174 verges au sol gagnées par San Francisco, dont 146 par Raheem Mostert, qui a connu un match du tonnerre, ont fait faiblir la défensive coriace des Ravens, mais le plus important, c’est que celle-ci n’a jamais cassé.   

Les Ravens n’ont gagné que 283 verges à l’attaque. C’est donc dire qu’ils ont connu des moments bien plus flamboyants. Mais les meilleures équipes possèdent ce trait important, d’être en mesure de remporter des duels dans les pires conditions.  

Pour Lamar Jackson, c’est encore une fois ses jambes qui ont fait la différence avec 101 verges au sol. Il a aussi contribué par les airs avec une passe de touché, mais les gros jeux ont été rares avec une moyenne de 4,6 verges par passe tentée. Pas évident, mais il a fait le nécessaire sous la pluie contre une défensive qui est extraordinaire contre la passe.  

Scénario difficile pour les Niners  

Tandis que les Ravens se retrouvent avec un dossier de 10-2 pour la première fois de leur histoire, les 49ers tombent avec la même fiche, mais dans leur conférence nationale, la lutte avec les Saints (10-2), les Seahawks (9-2) et les Packers (9-3) s’annonce féroce pour l’avantage du terrain en séries. Le duel de dimanche prochain face aux Saints devient encore plus critique.  

Il ne faut toutefois pas croire que les Niners doivent poursuivre leur route la tête basse. Leur fort match, malgré le résultat final, démontre qu’ils ont les atouts pour lutter avec les meilleurs.   

Les deux équipes ont tout donné, tentant même de convertir cinq situations de quatrièmes essais, comme quoi chaque série a été infiniment corsée. Du gros, très gros football à l’ancienne, pas pour les doux ! Ne manquait que les vieux casques de cuir...  

Gagnants  

Justin Tucker

Un peu d’amour pour un botteur, oui, oui ! Et pas n’importe lequel, puisque Justin Tucker a procuré la victoire aux Ravens avec son placement de 49 verges en fin de match. Il en est maintenant à 38 placements de suite qui ont été réussis au quatrième quart.   

Derrius Guice

Avec 129 verges et deux touchés en seulement 10 courses, dont plusieurs d’une férocité sans nom, le porteur de 2e année des Redskins a montré que lorsqu’il est en santé, il est ce qui se rapproche le plus d’une réincarnation de Marshawn Lynch.  

Aaron Rodgers

Qui a dit qu’il est difficile pour un quart-arrière de jouer dans la neige ? Aaron Rodgers, avec une étincelante performance de quatre passes de touché, a charcuté à lui seul les Giants dans un MetLife Stadium en mode blanc comme la magie de Noël.  

Les Bengals

Quoi ? Les Bengals dans les gagnants de la semaine ? Une première victoire, ça se fête ! Surtout que les Dolphins et Redskins ont aussi gagné, ce qui fait que les Bengals parleraient toujours au premier rang si le repêchage avait lieu aujourd’hui.  

Jared Goff

Au nombre de fois où il a été critiqué cette saison, il faut quand même saluer le boulot de Jared Goff quand il répond présent. Trente-deux passes complétées en 43 tentatives (74,4 %) pour 424 verges et deux touchés, ça ressemble au Jared Goff de 2018.  

Perdants  

Les Eagles

Qui veut le championnat de la division Est de la conférence nationale ? Après la défaite des Cowboys jeudi, la porte était grande ouverte pour les Eagles. Mais ceux-ci ont donné 37 points aux Dolphins, leur plus haut total cette saison. Quelle brutale crampe collective !  

Nick Foles  

Le quart-arrière que les Jaguars ont acquis à fort prix ne cassait déjà rien depuis son retour au jeu, mais il a atteint les bas-fonds avec trois revirements à ses trois premières séries. Il a ensuite moisi sur le banc et risque d’avoir perdu son poste de partant.  

Jacoby Brissett

Le quart-arrière des Colts n’est plus l’ombre de lui-même depuis qu’il est revenu au jeu il y a trois semaines. Dans un duel critique face aux Titans, ses deux interceptions ont mené à 10 points des rivaux.  

Ryan Anderson

Le secondeur des Redskins y est allé d’un violent plaqué à la tête de l’ailier rapproché des Panthers Greg Olsen, qui a dû quitter le match. Oui, ça va vite sur le terrain, mais de tels coups n’ont pas leur place.  

Les Browns

Dans un duel de la division Nord que les Browns devaient absolument remporter, face au troisième quart-arrière des Steelers, qui en était seulement à son deuxième départ en carrière, ils ont fait patate. C’est malheureusement l’histoire de leur vie.  

5 jeux de la semaine   

1. Douce revanche

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Photo AFP

Membre en règle des Steelers depuis 2017, le demi de coin Joe Haden (23) a auparavant passé sept saisons de misère avec les Browns. Hier, il a trouvé la meilleure façon qui soit de se venger de l’équipe qui l’a laissé filer. Avec 1 min 6 s à jouer, Haden a intercepté une passe de Baker Mayfield pour procurer la victoire aux Steelers, qui sont toujours en vie pour une place en séries. Les Browns se sont tirés dans le pied.  

2. Botté bloqué  

Au quatrième quart d’un important match de division entre les Colts et les Titans, ces derniers s’accrochaient à une mince avance de 24-17. Les Colts ont tenté de réduire l’écart sur un botté de placement. Or, les Titans ont tourné le jeu à leur avantage quand Dane Cruikshank a bloqué le botté et que Tye Smith a récupéré le ballon pour le ramener sur 63 verges dans la zone des buts. Soudainement, c’était 31-17 et les Titans n’ont plus regardé en arrière.  

3. Rare touché de botteur !

Les Dolphins ont savouré une rare victoire et pour ce faire, ils ont pigé au plus profond de leur sac à surprises. Ils ont en effet inscrit leur deuxième touché du match sur une feinte de botté de placement. Celui qui a reçu la remise, le botteur de dégagement Matt Haack, y est allé d’une petite passe d’une verge dans la zone des buts au botteur Jason Sanders. Il s’agissait du premier touché d’un botteur dans la NFL sur une réception depuis 1977.  

4. Dominante recrue

Les Buccaneers ne cassent rien cette saison, mais ils peuvent se consoler en voyant la progression fulgurante de leur choix de premier tour au dernier repêchage, le secondeur Devin White. Celui-ci est devenu le premier joueur recrue dans l’histoire des Bucs à inscrire un touché sur un retour d’échappé en plus d’intercepter une passe dans le même match. Il a par ailleurs mené les siens avec sept plaqués.  

5. Défensive vorace

Juan Thornhill, des Chiefs.
Photo AFP
Juan Thornhill, des Chiefs.

Les Chiefs ne sont pas reconnus pour leurs prouesses défensives, loin de là. Toutefois, face aux Raiders, leur défensive a brillé en créant trois revirements, dont une sublime interception du maraudeur recrue Juan Thornhill, qu’il a ramenée dans la zone des buts pour un touché. Dans les trois dernières semaines, les Chiefs ont donc généré huit revirements.