/misc
Navigation

Valerie Plame: d'espionne à candidate pour la Chambre des représentants

Valerie Plame: d'espionne à candidate pour la Chambre des représentants
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Ceux et celles qui s’intéressent de près à l’actualité politique américaine connaissent probablement déjà le nom de Valerie Plame.  

Le nom de cette ancienne de la CIA fait ponctuellement la manchette depuis que l’administration de George W. Bush a coulé son identité en 2003. Révéler ainsi l’identité d’une agente constitue un crime et c’est Scooter Libby, conseiller de Dick Cheney, qui se retrouvera derrière les barreaux.    

On considère toujours que l’administration agit de la sorte pour se venger de l’époux de Mme Plame, le diplomate Joseph Wilson. Ce dernier a publié un article dans le New York Times, affirmant qu’il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak. On se souvient que la présence de telles armes était le motif invoqué pour justifier l’intervention américaine. L’histoire nous a ensuite montré que Joe Wilson avait bien raison.    

J’en profite au passage pour vous recommander le film de Doug Liman intitulé Fair Game. On y présente un bon survol de tout cet épisode.    

Après ces déconvenues avec l’administration Bush, le couple a quitté Washington, D.C. pour s’installer avec leurs enfants au Nouveau-Mexique. L’élément déclencheur de cette relocation fut les menaces de mort dirigées vers Plame et Wilson. Au Nouveau-Mexique, Valerie Plame devient conseillère et romancière. Les enfants devenus des adultes, elle a décidé en septembre d’effectuer le saut en politique. Déjà, le contexte de sa candidature a été rendu difficile par le décès de son ex-époux (fin septembre), dont elle était séparée depuis 2017.   

Lorsque Valerie Plame annonce sa candidature, elle le fait en diffusant une vidéo spectaculaire dans laquelle elle s’adresse directement au président Trump. Je vous le laisse ici.   

Depuis la diffusion de cette vidéo, nous avons peu entendu parler de cette ancienne espionne, sinon pour relayer deux histoires auxquelles elle était mêlée. Des journalistes ont documenté sa tentative de prendre le contrôle de Twitter pour en bannir Donald Trump (campagne #BuyTwitter et #BanTrump), ainsi qu’une controverse autour d’accusation d’antisémitisme.    

Dans ce dernier cas, on lui reprochait d’avoir utilisé des sites antisémites pour attaquer les conservateurs. Plame avait reconnu avoir été négligente dans la vérification de ses sources avant de présenter des excuses formelles.   

Valerie Plame mène donc sa campagne depuis deux mois et elle mise surtout sur sa notoriété pour se démarquer. De ce côté, rien n’est encore acquis. Il n’est même pas assuré qu’elle soit la candidate de son parti pour l’élection de novembre 2020. Elle doit d’abord faire ses preuves et obtenir l’investiture en juin prochain.   

Outre sa notoriété, elle tente de faire valoir qu’elle sait très bien comment fonctionne la capitale américaine et qu’elle jouit d’une grande expérience en relations internationales. Pour faire bonne mesure, elle ajoute que la lutte aux changements climatiques est au cœur de ses préoccupations.    

Si la course aux contributions financières reflète habituellement le succès d’une campagne, Plame n’a pas à s’inquiéter puisqu’elle bénéficie d’une bonne longueur d’avance sur ses plus proches poursuivants. Le principal angle d’attaque ce ces derniers est le fait que Plame serait encore une étrangère au Nouveau-Mexique, que ses racines n’y sont pas assez profondes.   

Je vous invite en terminant à garder un œil sur cette candidature. Il est rare que des gens ayant son profil professionnel décident d’embarquer dans l’arène politique. Son histoire n’est pas banale et, si elle devait retourner à Washington, parions que ce ne serait pas pour faire de la figuration.   

Vous trouverez ici un lien vers un portrait que lui réservait le Washington Post ce matin