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Un festival des films du monde pour voir et se faire voir un petit peu

Un festival des films du monde pour voir et se faire voir un petit peu
Photo Jacques Lanctôt

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Tous les ans, au début du mois de décembre, pendant dix jours, une fièvre contagieuse gagne La Havane. Elle a pour nom : « Festival du nouveau cinéma latino-américain ».  

Tous les Havanais en sont atteints et on vient même de l’extérieur pour l’attraper. Les principales rues se pavoisent d’affiches, on multiplie les entrevues et les communiqués dans les médias, et on laisse flotter un véritable suspens sur la présence de certaines grosses vedettes à l’événement culturel de l’année dans l’île. Mais on est déjà assuré de la présence du Mexicain Gaël Garcia Bernal, à titre d’acteur et de réalisateur. Cette année, le thème du festival est « Ojos que ven » (des yeux pour voir). 

Un festival des films du monde pour voir et se faire voir un petit peu
Photo Jacques Lanctôt

Un festival des films du monde pour voir et se faire voir un petit peu
Photo Jacques Lanctôt

Cette année, pour sa 41e édition, du 5 au 15 décembre, le Festival, véritable événement international, fera découvrir aux cinéphiles pas moins de 300 films, provenant de 37 pays, dont 210 films d’Amérique latine, divisés en plusieurs catégories de compétition : longs métrages de fiction, courts et moyens métrages, documentaires, œuvres premières, animation, etc. Il y a même un concours d’affiches de cinéma, dans le hall d’entrée du cinéma Charles Chaplin, où figure le film du Québéco-Vénézuélien Pedro Ruiz, Sur les toits de La Havane. 

Certains films seront projetés plus d’une fois, dans une dizaine de salles concentrées majoritairement dans le quartier Vedado, pour un total de 660 projections, ce qui permet une certaine flexibilité dans l’agenda du festivalier. La majorité de ces films décrivent la réalité actuelle de l’Amérique latine et abordent différents thèmes comme la diversité sexuelle, les peuples autochtones, le contexte socio-politique, l’influence des religions fondamentalistes, ainsi que des films à caractère biographique sur le guérillero brésilien Carlos Marighella et le footballeur argentin Diego Maradona. 

Comme pour les années antérieures, la Palme d’or à Cannes, le film Parasite, du réalisateur sud-coréen Bong Joon-Huo, sera présenté au public. Un des films les plus attendus des Cubains est sans aucun doute le film Red Avispa ou Le Réseau Guêpe du réalisateur français Olivier Assayas, tourné à Cuba avec la coopération de l’Institut cubain de l’art et de l’industrie cinématographique (ICAIC) qui, incidemment, fête cette année son soixantième anniversaire. Ce film raconte l’histoire de cinq antiterroristes cubains qui ont opéré aux États-Unis afin d’infiltrer les groupes organisés anticubains pour les empêcher de commettre de nouvelles actions meurtrières contre leur pays. Ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison. L’actrice espagnole bien connue Penelope Cruz joue, dans ce film, le rôle d’une épouse d’un de ces cinq antiterroristes devenus à Cuba de véritables héros nationaux. 

Un festival des films du monde pour voir et se faire voir un petit peu
Photo Jacques Lanctôt

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Le film argentin La odisea de los giles, traitant de la crise financière qui a durement frappé l’Argentine à la fin du siècle dernier, inaugurera le festival lors d’une cérémonie d’ouverture, qu‘on promet pleine d’émotions, au théâtre Karl Marx, au cours de laquelle le Ballet national de Cuba rendra un hommage à celle qui a dirigé les rênes de cette compagnie pendant des décennies, Alicia Alonso, décédée récemment. 

Il y a aussi un petit gars de chez nous qui sera présent dans ce grand ensemble culturel. Jules Falardeau, le fils de Pierre Falardeau, présentera, dans la section « Mémoire », son Journal de Bolivie, plus de cinquante ans après la mort du Che. Bravo ! Et bon festival !

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