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Cher Donald Trump

BRITAIN-FRANCE-US-WWII-DDAY-ANNIVERSARY-DIPLOMACY
Photo d'Archives, AFP

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Monsieur le président,  

Si vous lisez cette lettre c’est vraiment que votre narcissisme vient d’atteindre une autre phase de son expansion qui semble presque infinie.     

Si vous lisez ces mots c’est probablement que votre Google Alertes a signalé ma chronique comme étant «intéressante» puisqu’elle contient votre nom. Ce n’est pas comme si j’étais vraiment surpris.     

Je vous écris simplement Monsieur Trump pour vous dire bravo, vous avez réussi. Vous avez réussi à être élu même si personne n’y croyait. Vous avez réussi à maintenir votre niveau de popularité assez élevé pour garder les mains bien ancrées sur le gouvernail du pouvoir.     

Vous avez réussi à vous lier d’amitié avec les dictateurs les plus cruels et infâmes tout en vous séparant de plus en plus des alliés démocratiques qui ont contribué à façonner l’Amérique libre que nous connaissons.      

Vous avez réussi à être impoli, sarcastique, menaçant et tout ça en nous prouvant jour après jour votre manque de jugement et d’aptitude à gouverner.     

Vous avez réussi à dire que votre fameux mur allait protéger la frontière entre le Mexique et le Colorado. Quelqu’un qui ne sait pas que le Colorado et le Mexique ne partagent aucune frontière ne devrait pas avoir le droit de gouverner ce même pays. Mais vous êtes Donald Trump alors c’est correct.     

Vous avez réussi à bâtir un mur. Un mur bien plus grand que celui que vous vouliez faire au départ. Un mur qui s’étend sur toutes les frontières de votre pays, autant terrestres que morales. Vous avez réussi à faire monter les pavillons de la paranoïa au profit de ceux de la liberté, qui est pourtant censée être votre marque de commerce.     

Vous avez réussi à faire de votre présidence votre meilleur téléréalité. Vous faites ressortir ce qu’il y a de plus bête en chacun de nous en traitant votre travail comme celui de l’animateur du plus grand show sur terre.      

Vous avez réussi à mettre les journalistes qui ne pensaient pas comme vous de côté et à vous approcher de ceux qui prêchaient pour votre paroisse. Comme si les médias et la liberté de presse étaient une partie de ballon chasseur.      

Rien ne colle à votre peau orange. Que ce soit des scandales politiques, militaires, sexuels. Vous êtes recouvert d’un enduit bien spécial qui fait de vous un intouchable.     

Vous avez réussi à donner à beaucoup de gens un point en commun. Des gens diamétralement opposés dans leurs croyances et leurs valeurs vont maintenant faire front commun pour vous affronter. Pour que plus jamais quelqu’un d’aussi odieux et idiot que vous puisse monter aussi haut dans la hiérarchie du pouvoir.     

Nous pourrions dire que vous êtes un mal nécessaire, j’aime mieux dire que vous êtes une plaie passagère.     

Bien à vous,     

  

Simon Delisle