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Un test pour l’humilité de Legault

Vous imaginez le sentiment de François Legault et de ses ouailles?
Photo d'archives, Simon Clark Vous imaginez le sentiment de François Legault et de ses ouailles?

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C’est un véritable tour de force que la Coalition avenir Québec a réussi lundi soir. La forteresse libérale de Jean-Talon est finalement tombée, après plus de cinquante ans de domination sans partage.

François Legault la voulait cette victoire. La défaite des libéraux représente l’ultime geste de rupture entre les francophones et le PLQ.

On peut comprendre le PM de se réjouir comme il l’a fait avant-hier, affichant un triomphalisme décomplexé. C’est de bonne guerre. D’aucuns croiront que tout est au beau fixe pour le gouvernement en cette fin d’année. Que demander de plus?

Risque

N’empêche que derrière ce gain significatif se cache un risque réel. Loin de moi l’idée de jouer les rabat-joie, mais si j’étais un stratège caquiste, j’aurais vu poindre une petite lumière jaune sur mon tableau de bord, hier soir.

Depuis son élection en octobre 2018, monsieur Legault a rappelé à maintes reprises que ses troupes et lui-même devaient faire preuve de beaucoup d’humilité. Parce qu’avec une majorité aussi confortable et une lune de miel bien sentie avec l’électorat, il est facile de verser dans l’arrogance.

Cette volonté n’a pas toujours été respectée dans le premier droit du mandat, mais il faut tout de même reconnaître que de manière générale, la CAQ tente de garder les deux pieds sur terre et évite de se perdre dans la stratosphère.

Mais ce sentiment de proximité, d’écoute et de franche modestie pourrait bientôt s’étioler.

Pourquoi?

Avant le déclenchement de la partielle dans Jean-Talon, la CAQ semblait en plein contrôle. Puis, vint le dossier de l’immigration et du fameux Programme de l’expérience québécoise (PEQ). C’est alors que les déboires du ministre Simon Jolin-Barrette ont entraîné la CAQ dans sa pire crise depuis son élection au gouvernement.

Nombreux étaient celles et ceux, tant dans l’espace public que dans la députation caquiste elle-même, à croire que la période de grâce était terminée. Ce que tendait d’ailleurs à démontrer le sondage Léger publié la semaine dernière.

Puis, vint le dépouillement des bulletins de vote avant-hier. Vous imaginez le sentiment de François Legault et de ses ouailles? Cette impression d’invincibilité, de supériorité. L’envie de croire que rien ne peut vous atteindre.

Il est là le risque. Ce sera intéressant de surveiller et d’évaluer l’attitude de ce gouvernement au cours des prochains mois.

Un autre recul

Parlant de risques... La CAQ a décidé de reculer une énième fois mardi, sur le dossier du RQAP et des parents adoptants. S’il faut reconnaître que le gouvernement n’hésite pas à ajuster le tir lorsque nécessaire, il faut se questionner sur sa propension à se mettre dans des situations intenables par son manque de préparation et d’anticipation. Cela peut créer l’impression que peu importe vos revendications, le gouvernement finira par céder si vous êtes suffisamment insistants.

Une plus grande rigueur éviterait bien des problèmes à la CAQ.

 
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