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À quatre pattes

À quatre pattes
Photo The Canadian Press

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À quatre pattes, c’est l’image qui m’est venue en tête en prenant connaissance des déclarations d’Andrew Scheer relativement à l’apparente moquerie du premier ministre Trudeau à l’égard du narcissique président Donald Trump. Heureusement que le chef conservateur n’est pas à la tête du pays, il ne sait qu’être ventre à terre devant les lobbys et notre voisin encombrant du Sud.

Plusieurs experts des relations internationales qualifient de tempête dans un verre d’eau la turbulence médiatique qui a suivi la diffusion de cette vidéo des chefs d’État semblant se moquer du président américain et qui laisse entendre la moquerie de notre premier ministre sur le retard du président Macron occasionné par sa conférence de presse avec le président Trump. Justin Trudeau n’est pas le premier à rire subrepticement de Donald Trump et il ne sera sûrement pas le dernier. S’il y avait matière à scandale, c’est du côté des déclarations du président étatsunien qu’il faudrait se tourner. Ce dernier est un poltron sans gêne, qui cumule les déclarations saugrenues et incendiaires, allant jusqu’à demander au président Macron s’il voulait qu’on lui envoie des djihadistes dans la conférence de presse à laquelle faisait allusion Justin Trudeau.

Mon père disait que le respect se mérite. Il ne peut strictement pas dépendre de la fonction qu’une personne occupe, il découle également de la dignité avec laquelle elle est exercée. Donald Trump atteint les sommets de la goujaterie régulièrement avec ces messages sur « Twitter » et se mérite largement les quolibets qu’il s’attire. Les réserves et l’air outré de certains leaders de l’opposition à Ottawa s’expliquent mal, si ce n’est que de vouloir entretenir la soumission du Canada vis-à-vis les États-Unis et de se laisser dicter notre conduite par les autorités étatsuniennes, même lorsque les ordres proviennent d’un délire quasi paranoïaque.

Je ne suis pas un fan de Justin Trudeau, mais l’attitude adoptée en banalisant l’incident m’apparaît la plus appropriée. Si une juge d’une Cour fédérale étatsunienne a poussé l’outrecuidance jusqu‘à dire que le président Trump n’est pas roi dans son pays, il faudrait encore moins que nos leaders canadiens le considèrent comme le roi du monde! 

J’aimerais mieux me souvenir d’un Justin Trudeau occupé à défier la bêtise plutôt qu’à couvrir les idioties d’un voisin qui n’en finit plus d’exaspérer la planète.