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Il tue son bébé et se présente comme une victime

Le Montréalais veut retirer son plaidoyer de culpabilité de meurtre

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Photo d'archives, Frédérique Giguère Sofiane Ghazi a plaidé coupable de meurtre au second degré.

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Le Montréalais qui a provoqué la mort de son bébé en assenant des coups de fourchette à viande au ventre de sa femme enceinte espère pouvoir retirer son plaidoyer de culpabilité en plaidant être une victime et non un meurtrier, comme il le disait à ses avocats.  

«Je disais tout le temps avec mon avocat que j’étais victime, qu’elle [sa conjointe] me provoquait», a écrit Sofiane Ghazi dans un document de cour afin de justifier pourquoi il s’en était pris violemment à sa conjointe enceinte, quelques jours avant la date prévue d’accouchement.        

Ghazi, 39 ans, n’est toujours pas résigné à l’idée qu’il devra être condamné à la prison à vie, après avoir plaidé coupable d’avoir tenté de tuer sa femme enceinte en juillet 2017.         

«Les coups portés étaient concentrés au ventre et à la cuisse de madame, avait expliqué la procureure de la Couronne Chantal Michaud. Au total, 19 plaies pénétrantes ont été dénombrées.»          

La femme a été transportée d’urgence à l’hôpital. Les médecins ont réussi à faire accoucher la dame, mais l’enfant est mort.        

Accusé de meurtre au premier degré, Ghazi a plaidé non coupable avant de faire volte-face en plein procès en septembre dernier, plaidant à une accusation réduite de meurtre au deuxième degré.         

«Il est mort après qu’il a été un être humain», avait souligné le juge Jean-François Buffoni, afin de s’assurer que Ghazi comprenait la portée de son plaidoyer.        

Ghazi a d’abord acquiescé, puis a changé d’avis quelques jours plus tard.        

«J’étais vulnérable et trop confus pour comprendre la situation», assure-t-il dans une déclaration assermentée rendue publique jeudi.        

Aussi mal conseillé   

Il accable également ses deux ex-avocats — François Taddeo et Moulay-Badre Aber — de l’avoir mal conseillé durant les procédures afin d’invalider son plaidoyer. Mais ces derniers, qui étaient présents à la cour jeudi, comptent toutefois se défendre d’avoir mal agi.        

«Je veux témoigner et je vais témoigner», ont fermement fait savoir tour à tour Mes Taddeo et Aber, jeudi.        

Ghazi reviendra à la cour le 18 décembre, afin de fixer une date d’audience pour plaider le retrait de son plaidoyer de culpabilité. Il devrait être assisté par l’avocat criminaliste Steve Hanafi.        

Jeudi, ce dernier a toutefois fait état de certains problèmes avec l’aide juridique qui, selon lui, traîne à le rappeler afin de discuter des frais qu’il aura à débourser pour son client, notamment afin de retenir les services d’un psychiatre.