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Commémoration du 6 décembre 1989: un «voyage au bout de l’enfer» pour Jacques Duchesneau

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MONTRÉAL – Jacques Duchesneau est très ému lorsqu’il revient sur le drame survenu à Polytechnique Montréal le soir du 6 décembre 1989, il y a exactement 30 ans. Il était alors directeur de la division du crime organisé au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«Polytechnique, c’est mon voyage au bout de l’enfer. Ça a été mon point de bascule. Je pense qu’il y a eu un “avant” et un “après” le 6 décembre 1989», a-t-il affirmé vendredi dans une entrevue bouleversante à QUB radio.   

Ce drame lors duquel 14 femmes sont mortes compte parmi les événements qui ont le plus bouleversé M. Duchesneau durant sa vie professionnelle. «Pour moi, c’est une blessure qui ne s’est jamais refermée», a raconté celui qui a enchaîné les journées de travail sans relâche après les tristes événements.   

ÉCOUTEZ l'entrevue de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, sur QUB radio: 

«C’est impossible qu’on se rappelle du tueur, mais qu’on ne puisse pas se rappeler du nom des victimes, a-t-il déploré. Elles étaient le futur. [...] La société aurait été gâtée d’avoir ces femmes-là.»   

Une erreur à ne plus commettre  

Jacques Duchesneau est aussi revenu sur une erreur importante commise par le SPVM le soir du 6 décembre 1989. «On avait eu un appel qui disait qu’il y avait une prise d’otages. Or, dans un cas de prise d’otages, la technique policière, c’est de toujours prendre du temps, parce que le temps joue toujours en [notre] faveur», a-t-il raconté.   

Il juge que le premier réflexe des policiers, qui a été d’ériger un périmètre de sécurité, n’a pas été le bon. Selon lui, les équipes de la police de Montréal ont appris de ces événements et n’ont pas répété les mêmes erreurs quelques années plus tard, lors de la tuerie de Concordia, qui avait néanmoins fait quatre victimes.   

«La formation de nos policiers est différente, maintenant. Quand il y a des coups de feu, on se dirige vers les coups de feu et [on n’érige pas] un périmètre comme on le faisait à l’époque», a expliqué celui qui est aussi chargé de projet du Comité Mémoire et qui organise chaque 6 décembre la cérémonie de commémoration de la tragédie de Polytechnique sur le mont Royal.   

Maintenant grand-père de quatre petits-enfants, dont trois filles, Jacques Duchesneau devient très ému en évoquant leur avenir. «C’est impensable de croire qu’elles peuvent aller à l’école et se faire abattre», a-t-il ajouté.   

Écoutez aussi Catherine Bergeron, présidente du Comité Mémoire, en entrevue à QUB radio:  

  

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