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Une cérémonie haute en émotions

Des faisceaux lumineux ont percé le ciel nuageux de Montréal en hommage aux 14 victimes de Polytechnique

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L’illumination des 14 faisceaux en hommage aux femmes tuées il y a 30 ans à Polytechnique a coupé le souffle des témoins en perçant le ciel nuageux de Montréal, vendredi, lors d’une cérémonie haute en émotions.  

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« Je suis ingénieure. Je suis une femme ingénieure. Le 6 décembre 1989, j’étudiais le génie », a dicté avec aplomb la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, d’entrée de jeu, vendredi soir, au sommet du mont Royal.   

Celle-ci a laissé un long silence envelopper les centaines de spectateurs, dignitaires et proches de victimes se recueillant malgré le froid pour commémorer ce drame survenu à 17 h 10 par une soirée grise et enneigée comme celle de vendredi.   

C’est à ce moment que Marc Lépine est entré dans l’École Polytechnique armé d’une carabine dans le but de tuer des femmes.   

« J’étais à l’université par choix, comme mes sœurs qui sont mortes de façon si horrible, en seulement 19 minutes, parce qu’elles étaient des femmes, a poursuivi Mme Payette. Nous avons l’exigence de nous le remémorer pour [qu’elles] ne soient pas mortes en vain. Pour que ça ne se reproduise plus jamais. »   

« Trop difficile »  

Parmi ceux qui tenaient à être présents, il y avait Julie Piché, une ingénieure de 50 ans.   

Celle qui a gradué de Polytechnique en 1993 en était à sa première participation aux commémorations entourant la tuerie.   

Par miracle, elle n’était pas sur place lors du féminicide. Fin de session oblige, elle était en train d’étudier chez elle.   

« Anne-Marie Edward [décédée] était mon amie. Pour moi, c’était une réalité trop difficile à affronter », a-t-elle confié au Journal avec émotion.   

Après de touchants discours, le nom des 14 victimes a tour à tour été prononcé. Pendant ce temps, des faisceaux se sont illuminés dans le ciel nuageux de la métropole.   

Une chorale  

« [Ces] faisceaux nous laissent savoir où nous sommes, et où nous souhaitons aller », a soufflé avec espoir Catherine Bergeron, sœur de Geneviève, une des victimes.   

Puis, une chorale a solennellement entonné Aimons-nous, d’Yvon Deschamps, et Hallelujah, du défunt Leonard Cohen.    

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et les premiers ministres François Legault et Justin Trudeau ont ensuite suivi avec leurs allocutions. M. Trudeau a été chaudement applaudi quand il a promis de renforcer le contrôle des armes à feu au pays.      

  • Des milliers de gens se sont aussi réunis dans 14 universités canadiennes, vendredi, pour prendre part à cette commémoration.   

Vibrant témoignage de Julie Payette, ingénieure de formation           

Au sommet du Mont-Royal, où prenait place les commémorations en mémoire des 14 femmes tuées le 6 décembre 1989 à Polytechnique Montréal, la Gouverneure générale du Canada a livré un vibrant plaidoyer en l’honneur des femmes qui font carrière en génie.