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Encore trop de femmes assassinées par leur conjoint

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L'an dernier au Canada, près de 80 femmes ont été assassinées par leur conjoint, dont une douzaine au Québec. Il reste du travail à faire pour contrer la violence faite aux femmes.  

Au Québec, 800 000 femmes au cours de leur vie ont vécu de la violence physique ou psychologique de la part de leur conjoint, sans en avoir parlé aux policiers.  

«Cette année, pour des violences de l'ordre des violences faites aux femmes, on pourrait considérer à peu près 30 000 ou 35 000, en considérant à peu près que 70% n'ont rien dit», explique Catherine Rossi, professeure à l’école de travail social et de criminologie de l’Université Laval.  

À Québec, les demandes d'aide auprès de Mères et monde, un organisme communautaire et résidentiel pour jeunes mères, ne diminuent pas.  

«Je pense qu'il y a une grande banalisation de ce qu'est la violence. Je pense que pour certaines, ce qu'elles pensent être de l'amour ou de la protection est souvent de la violence», affirme Diane Thibault, coordonnatrice chez Mères et monde.  

«Moi, j'avais 15 ans quand c'est arrivé, Polytechnique. Et cette journée-là, dans toute la splendeur de mes 15 ans, j'ai compris qu'être une femme nous rendait plus vulnérables», poursuit Mme Thibault.  

Comment expliquer qu'au pays, le nombre d'homicides a beaucoup diminué, mais qu’il y a encore autant de meurtres conjugaux?  

«Je pense que le phénomène des réseaux sociaux ne simplifie pas la vie. Je pense que ça s'est étendu à suivre la personne par son cellulaire. Les moyens pour contrôler l'autre personne se sont multipliés», précise Mme Thibault.  

«Où tu es? À quelle heure tu rentres? Envoie-moi une photo pour me prouver que tu es bien là? Etc. Pas mal tous les homicides qu'on a vus, il y avait des comportements un peu comme ça, à la base», ajoute Mme Rossi, de l’Université Laval.  

«Les meilleurs moyens de faire de la prévention, au niveau social, c'est par l'éducation, par l'éternelle question de l'égalité des genres. On est absolument persuadés que les femmes sont devenues les égales des hommes. On a beaucoup de preuves au quotidien que ça ne l'est pas», souligne la professeure.  

L'objectif est de faire cesser la banalisation, en en parlant et en sachant repérer les signes avant-coureurs afin qu'il n'y ait plus de drame.