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La rue Frontenac en 1970

1970

Avant Après
Photo banq, Henri Rémillard, Les gens de la rue, Montréal, 1970, E6S7SS1P701040_001
Photo PIerre-Paul Poulin

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EN VOITURE EN 1970

Sur la rue Frontenac, une belle panoplie d’automobiles des années 1960 sont à l’arrêt devant le feu rouge de l’intersection Hochelaga. À droite, une voiture taxi Plymouth Fury 1969 de la compagnie La Salle est suivie par un taxi Diamond, reconnaissable à son effigie en carreau. À gauche, une Oldsmobile Ninety-Eight 1969 et une Plymouth blanche Valiant 1964 sont talonnées de près par l’autobus Canadian Car 94 Iberville. Plusieurs camions de livraison s’agglutinent derrière, dont ceux de Monette Transports et des épiceries Steinberg. Ceux qui ont vécu dans le quartier se souviennent des commerces de cette artère passante. Au sud d’Hochelaga, le magasin de sport Yvon Roy et le restaurant Chez Thérèse ont pignon sur rue. Plus bas sur Rouen, le célèbre comédien Gilles Latulippe avait rouvert, au printemps 1970, la quincaillerie de son père, où il avait passé son enfance. Bourdonnante d’activités, la rue Frontenac est à l’image de son quartier.

LA LIGNE 94 : DU TROLLEYBUS À L’AUTOBUS

Cet autobus rappelle l’époque où les Canadian Car régnaient en maître dans les rues de Montréal. Ce modèle CanCar-Brill CD-52 est d’ailleurs reconnaissable à sa suspension à lames métalliques, donnant l’impression que le devant du véhicule est surélevé et que l’arrière traîne presque par terre. Livrée en 1959, la série Canadian Car 4600 comprend 175 autobus, dont celui-ci portant le numéro 4626. La flotte de véhicules est à l’origine destinée à remplacer les derniers tramways retirés de la circulation cette année-là. Pouvant circuler sans contrainte autre que le trafic et les intempéries, les autobus vont aussi contribuer à détrôner les trolleybus. Alimentés par un câble électrique aérien, les trolleybus roulaient entre autres sur les rues Frontenac et Iberville depuis l’inauguration de la ligne 94 en 1952. Considérant le renouvellement des véhicules dispendieux et l’entretien des câbles contraignant, la CTM (aujourd’hui la STM) remplace les vieux trolleybus par ces infatigables autobus en 1966. 

DES REPÈRES DISPARUS

Repères immanquables pendant des décennies, le gazomètre et le manège pyramidal du Gyrotron, juste à côté de la Spirale, rappellent aux Montréalais bien des souvenirs. Situé au nord de Sainte-Catherine, entre les rues du Havre et Bercy, l’immense réservoir métallique de 111 mètres est visible à plusieurs kilomètres à la ronde grâce à sa couronne en damier rouge et blanc. Construit en 1931 par la Montreal Light, Heat and Power, il servait à entreposer le gaz fabriqué chimiquement en usine. Il devient toutefois obsolète avec la conversion au gaz naturel dans les années 1960. Son nouveau propriétaire, la Corporation du gaz naturel (aujourd’hui Énergir), choisit alors de le démolir en 1970. Quant au Gyrotron, le concepteur du manège promettait un voyage unique dans l’espace, à l’intérieur d’un volcan ainsi que sous les eaux du lac des Dauphins. Or, seulement 50 % des plans initiaux sont finalisés en 1967, ce qui rend l’expérience bien moins exaltante que prévu. Le manège disparaît en 1984.