/sports/football
Navigation

Des racines beauceronnes pour deux vedettes de la NFL

Les deux frères dans la NFL ont leur fan-club québécois à East Broughton

Famille Bosa
Photo courtoisie De gauche à droite, les frères Claude et Réjean Bosa, en compagnie de leur beau-frère Marquis Vachon, affichent clairement leur allégeance à l’endroit de Joey Bosa, qui avait fièrement autographié son chandail, lorsqu’il portait encore le numéro 99, au printemps 2018.

Coup d'oeil sur cet article

EAST BROUGHTON | Les exploits des frères Joey et Nick Bosa, qui terrorisent les quarts-arrière de la NFL pour les Chargers de Los Angeles et les 49ers de San Francisco, trouvent écho jusqu’en Beauce. À East Broughton, petite municipalité d’un peu plus de 2000 âmes, les deux ailiers défensifs comptent sur une petite horde d’admirateurs qui partagent fièrement le même nom de famille. La parenté est peut-être lointaine, mais le sentiment de proximité est palpable.  

Il suffit d’une petite escapade en territoire beauceron pour s’en convaincre. Les Bosa, en véritable clan tissé serré, vouent un culte contagieux à ceux qu’ils appellent leurs petits-cousins, qui s’imposent actuellement comme quelques-unes des figures de proue en défensive dans les plus hautes sphères du football américain.  

En 2016, les Chargers faisaient de Joey Bosa le troisième choix au total du repêchage de la NFL. Grande vedette sur la scène universitaire à Ohio State, il s’est depuis offert une véritable manne de 37 sacs du quart en 47 matchs dans la NFL.  

Puis, le printemps dernier, le jeune frère Nick, aussi un produit d’Ohio State, est devenu le deuxième choix au total, et les 49ers ne regrettent rien. Il s’est vite établi comme un candidat logique au titre de recrue de l’année avec huit sacs et une interception.  

Nick Bosa, à l’époque où il évoluait toujours sur la scène universitaire à Ohio State avant d’être repêché par les 49ers, a pris la pause avec Claude Bosa.
Photo courtoisie
Nick Bosa, à l’époque où il évoluait toujours sur la scène universitaire à Ohio State avant d’être repêché par les 49ers, a pris la pause avec Claude Bosa.

Les frérots ont donc suivi les traces du père, John Bosa, qui avait été le 16e choix de l’encan de 1987 par les Dolphins de Miami. La famille Bosa est d’ailleurs la seule dans l’histoire de la NFL, avec les Manning, dont le père et les fils ont été des choix de premier tour.  

De l’Italie à la Beauce  

Et le lien avec East Broughton dans tout ça ? On y arrive...  

Entre 1900 et 1906, cinq enfants sur 12 de la famille Bosa, bien campée dans le village de Camino, au nord de Venise, ont fui la crise économique et politique dans leur pays pour s’établir en Amérique.  

Du lot, Angelo et Antonio ont choisi East Broughton afin de trouver un travail dans les mines d’amiante. Angelo Bosa a fait sa vie en Beauce, fondant même une famille de 16 enfants. De son côté, Antonio Bosa a mis le cap sur le New Hampshire, aux États-Unis, et c’est sa descendance qui a évolué dans la NFL des années plus tard.  

L’un des enfants, Arthur, grand-père de Joey et Nick Bosa, est toujours demeuré profondément attaché à ses racines beauceronnes. Au point où il s’est offert un séjour annuel dans la maison familiale à East Broughton pendant 13 ans après son départ, histoire de renouer avec son cousin Félix, qu’il appelait son frère. À chaque pèlerinage estival, ses fils Marc et John l’accompagnaient.  

«Les coups qu’ils ont faits chez nous, c’est incroyable !», raconte en riant aujourd’hui la veuve de Félix et matriarche de la famille à East Broughton, Laurette Gosselin. Ils étaient de bons vivants. C’était fête au village quand ils venaient. On a passé de bons moments. C’était de l’ouvrage, car j’avais huit enfants et eux arrivaient à quatre. À chaque fois qu’ils repartaient, ils avaient de la peine.»  

La rumeur dit même que John Bosa, bien avant de graduer chez les Dolphins en 1987, aurait été malade de sa première cuite au mariage de Réjean Bosa, l’un des représentants beaucerons du fan-club de la parenté dans la NFL...  

Un honneur pour la famille  

Dans toute la sympathique famille, c’est avant tout Marquis Vachon, mari de Lise Bosa, qui a propagé sa foi contagieuse dans le village, tel un joyeux curé devant l’autel de la NFL.  

«On ne prenait pas ça au sérieux et Marquis nous a amenés à prendre ça à cœur», relate, amusée, Lise Bosa, avant que sa moitié en rajoute.  

Tandis que Marquis Vachon se fait une fierté de serrer la pince à Joey Bosa, ce dernier fait l’accolade à son petit-cousin beauceron, Claude Bosa.
Photo courtoisie
Tandis que Marquis Vachon se fait une fierté de serrer la pince à Joey Bosa, ce dernier fait l’accolade à son petit-cousin beauceron, Claude Bosa.

«En 1987, Lise m’a dit que son petit cousin John jouait au Monday Night Football pour les Dolphins. C’était comme si c’était rien pour elle, mais moi, je capotais ! J’ai surveillé ensuite Joey à Ohio State. Je me rappelle qu’au jour de l’An 2016 on l’a tous regardé au Fiesta Bowl. Le jour de son repêchage, Lise a appelé Arthur et il lui a dit que c’était bien beau, mais qu’il faudrait aussi surveiller Nick dans quelques années, qu’il avait vraiment un petit quelque chose aussi», s’enflamme le raconteur hors pair.  

L’instinct du grand-père ne l’a pas trompé, puisque Nick fait désormais parler de lui comme étant l’un des piliers de la brutale défensive des 49ers, dès sa première campagne dans le grand circuit.  

«Avant on n’écoutait pas du tout le football. Là, on n’en rate pas une», clame fièrement Claude Bosa, tandis que les bouteilles et anecdotes se succèdent au milieu de la chaleureuse table familiale.  

Ayant grandi en Floride, Joey et Nick Bosa ne seront jamais confondus avec des Beaucerons. Mais dans le camp de East Broughton, c’est tout comme.  

«Arthur et John étaient à quelque part Beaucerons adoptifs. On ne peut pas dire ça de Joey et Nick, mais pour nous, c’est une grande fierté de voir la famille, même éloignée, dans la NFL», tranche Marquis Vachon.  

NICK BOSA
22 ans | 6 pi 4 po | 266 lb
Matchs : 12
Plaqués : 36
Sacs : 8
Interception : 1
Échappé forcé : 1  

JOEY BOSA
24 ans | 6 pi 5 po | 280 lb
Matchs : 47
Plaqués : 185
Sacs : 37
Échappés forcés : 5
Échappés recouverts : 2  

UNE RÉUNION RÉCENTE DANS LE NEW HAMPSHIRE  

Joey et Nick Bosa n’ont peut-être jamais mis les pieds à East Broughton, mais cela n’a pas empêché le volet beauceron de la famille de rencontrer ses jeunes idoles, au printemps 2018.  

En mai 2018, le grand-père Arthur, qui a maintes fois séjourné en Beauce, rendait l’âme. Les funérailles ont eu lieu à Keene, dans le New Hampshire, où il habitait. Ses fils John et Marc ont bien sûr quitté la Floride pour se retrouver sur place. À leurs côtés, les deux jeunes vedettes du ballon ovale, autant par leur statut que par leur costaud gabarit, ont fait écarquiller les yeux des quelques curieux.  

Une délégation de Bosa de la Beauce n’a évidemment pas raté sa chance d’aller saluer la mémoire d’Arthur, tout en renouant avec John et Marc, qu’ils avaient connus gamins. Des images d’Arthur et de la famille au bout du rang 8 ont d’ailleurs défilé à l’écran, une petite attention que les Beaucerons ont appréciée lors des funérailles.  

La rencontre avec Joey et Nick a par le fait même permis de faire connaissance et d’exprimer toute l’admiration ressentie à leur égard.  

«Ça a été merveilleux, Joey et Nick sont vraiment des gars simples», se souvient Lise Bosa.  

Émotions fortes  

De toute évidence, les émotions étaient à fleur de peau lors de ce moment de retrouvailles inattendues.  

«John et Marc pleuraient quand ils ont revu les Bosa. Ils ont tout de suite reconnu Réjean. Marc parle encore très bien français, tandis que John se débrouille à peine, mais ça l’a toujours moins intéressé d’apprendre. Ils se sont vraiment intégrés à la famille», s’exprime Marquis Vachon.  

Photos et autographes  

En fier partisan, ce dernier n’a pas manqué de serrer la pince de Joey et Nick. Une fois à l’aise et sentant que le courant passait bien, les chandails autographiés et portraits de famille ont aussi été de mise.  

«Un génie serait sorti d’une bouteille, puis m’aurait demandé où je voulais aller dans le monde entier et j’aurais dit : Keene, New Hampshire ! C’était tellement agréable de passer des moments avec eux. Ils sont des gars sympathiques, qui nous écoutaient bien même si on ne s’exprimait pas tous bien en anglais. La grande classe !  

«Je parle d’eux autres avec grande fierté. J’ai la sensation d’être sur la glace, à la bonne place et au bon moment, puis de marquer un but. Sauf qu’un sac du quart, c’est pas mal plus difficile à réussir qu’un but !», a-t-il badiné.  

Avant publication de cette histoire abracadabrante, il n’a pas été possible de s’entretenir avec Joey et Nick Bosa. Mais si Marquis Vachon et sa bande de Bosa beaucerons les revoient bientôt, il n’y a qu’une chose qu’ils s’assureraient d’ajouter à la conversation.  

«On regrette juste de ne même pas leur avoir dit qu’on est de fiers Canadiens français. On aurait dû leur parler plus de chez nous.»  

Parions qu’il y aura une prochaine fois...