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«Vagues»: le bruit de la vie

Anne Chaisson, Trey Edward Shults, Taylor Russell, Kelvin Harrison Jr et David Nugent
Photo AFP Anne Chaisson, Trey Edward Shults, Taylor Russell, Kelvin Harrison Jr et David Nugent

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Avec «Vagues», le réalisateur Trey Edward Shults («Lorsque tombe la nuit») se penche sur une tragédie familiale.

En Floride, Tyler (Kelvin Harrison Jr.), 17 ans, profite d’une balade en voiture avec sa petite amie (Alexa Demie, vue dans l’excellente «Euphoria»). Il vient d’une famille stricte où sa belle-mère (Renée Elise Goldsberry) est aimante et son père (Sterling K. Brown de This Is Us»), sévère. Il suit ses cours, obtient d’excellentes notes, fait de la lutte, du sport. Tyler est un fils modèle, promis à un brillant avenir.

Mais cette vie si parfaite, qui semble en être une de carte postale et de carrière florissante, dérape. Rapidement et brutalement. La seconde partie du long métrage de 135 minutes s’intéresse à Emily (Taylor Russell), sœur cadette de Tyler, qui tombe amoureuse de Luke (Lucas Hedges), un jeune homme de son école, et vit, elle aussi, intensément son existence.

Entre ces deux membres de la fratrie, une tragédie qui fait basculer leur vie. Qui secoue les fondations de cette famille qui devra apprendre à trouver son chemin au milieu des ruines.

Les comparaisons abondent. En regardant «Vagues», on pense insensiblement au remarquable «Moonlight: l'histoire d'une vie», oscarisé à raison il y a deux ans. On pense aussi à «Climax» de Gaspar Noé ou encore à «Good Time» de Joshua et Benjamin Safdie. Par contre, ce n’est pas rendre justice au talent de Trey Edward Shults que de se contenter de juxtaposer d’autres œuvres à la sienne.

«Vagues» est unique. Le film possède une violence, une poésie, un lyrisme qui n’appartiennent qu’à lui. Bercées, noyées par les mélodies d’Atticus Ross et de Trent Reznor, les images tourbillonnent aussi au rythme de pièces de Tame Impala, de Tony K, de Kanye West ou même «Moonlight Serenade» de Glenn Miller.

Circulaire, tant dans les plans de caméra que dans le scénario, «Vagues» hypnotise durablement.

Note: 3,5 sur 5