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Voyager depuis sa plus tendre enfance

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 Pour la comédienne Salomé Corbo, tout a commencé lors de son immigration en France, à l’âge de 4 ans, quand sa mère a choisi de quitter Montréal pour aller vivre en France. « Chaque année, et jusqu’à l’âge de 15 ans, je montais seule à bord d’un avion en direction du Québec pour visiter mon père, ce qui m’a donné la piqûre du voyage !», dit-elle. Ce goût de voir le monde est toujours bien présent en elle, même si en 2016, elle a été témoin de l’attentat à l’aéroport de Bruxelles qui a causé la mort d’une dizaine de personnes. 

 Quel a été votre premier grand voyage, à part vos séjours en Europe ? 

 Mon séjour à Bali alors que j’avais 25 ans. À l’époque, on voyageait de manière très différente. Il n’y avait qu’un seul café internet à Ubud, et je me servais de deux guides voyage, comme les guides Routard et Michelin, pour choisir mes destinations et réserver mes « petits bungalows ». Un vrai voyage d’aventure, où tout se planifiait un peu à l’aveuglette, le type de périple que je préfère ! 

C’est à Paris que la comédienne a grandi et est tombée en amour avec Montmartre.
Photo courtoisie
C’est à Paris que la comédienne a grandi et est tombée en amour avec Montmartre.

 Que devons-nous absolument visiter à Bali ? 

 Il faut s’éloigner des grands centres comme Kuta et Sanur, et se tourner vers des endroits comme Amed, une île à l’est de Bali dotée d’une plage de sable noir où les couchers de soleil sont réputés sublimes et la plongée en apnée à tout casser ! Ubud, la capitale culturelle, avec ses spectacles de danse et de marionnettes, mérite aussi qu’on s’y attarde. 

 D’autres endroits en Indonésie ont retenu votre attention ? 

Nusa Lembongan, cette île perdue au sud-est de Bali est un autre incontournable. C’est l’endroit le plus dépaysant que j’ai vu dans la province, et encore une fois, on y pratique une plongée en apnée inégalée. La nature à Bali m’a subjuguée avec ses fleurs de frangipanes qui, comme de gros flocons, recouvrent en tombant doucement les jardins et les piscines. C’est aussi à Bali que j’ai vu pour la première fois des arbres en poinsettia, enfin, les haies ne sont pas faites de cèdres, mais plutôt d’hibiscus. Un vrai paradis terrestre pour les amateurs de flore exotique !

 Vous avez trouvé les Balinais particulièrement chaleureux, semble-t-il ? 

 Ce peuple a une grande culture de l’accueil. Je me souviendrai toute ma vie d’une rencontre avec une vieille dame balinaise. Elle n’avait que quatre dents dans la bouche et malgré tout, elle m’a fait le plus beau sourire qui soit, tout en m’invitant à me joindre à elle et à d’autres femmes qui se baignaient dans une source d’eau chaude. Elle était à ce point chaleureuse, que je me suis tout de suite sentie accueillie et même protégée. Son visage est l’un de mes plus beaux souvenirs de voyage. Seuls nos sourires nous ont permis d’échanger et j’ai trouvé cette expérience extraordinaire ! 

À Cuba, Salomé Corbo aime sortir des sentiers battus.
Photo courtoisie
À Cuba, Salomé Corbo aime sortir des sentiers battus.

 Vous avez vécu à Paris, quel est votre quartier préféré ? 

 Montmartre, il faut dire que j’y suis particulièrement attachée. Mon école secondaire était située à proximité et j’aimais bien m’y balader. Je suggère aux gens de descendre à la station de métro de Clichy, et d’explorer le quartier chaud de Pigalle, à visiter sans enfant. Ensuite, on se dirige vers le Moulin Rouge, tout en explorant le red light de Paris. Puis on emprunte n’importe quelle rue qui grimpe en direction du Sacré-Cœur, et on arpente les petites rues qui zigzaguent de tout bord, tout côté. On peut même marcher sur les traces d’Amélie Poulain et visiter la fameuse épicerie. L’architecture de Montmartre ne ressemble pas à celle du reste de la ville. Les immeubles sont plus petits, les autos circulent en moins grand nombre. Ce quartier ressemble à un petit village en plein cœur de la ville. J’aime ce quartier populaire qui n’était pas fréquenté par les richissimes de Paris, car il est demeuré authentique, et il est toujours à l’abri de l’américanisation. 

 Amsterdam est une autre de vos villes coups de cœur en Europe ? 

 Effectivement, surtout pour son magnifique musée Van Gogh, mais aussi parce que j’ai aimé le style de vie. C’est une ville multigénérationnelle et tout le monde se déplace à vélo. J’ai trouvé les Hollandais souriants, dynamiques et très actifs. C’est un peuple en santé, et leur culture, leurs sports et leur villégiature se marient à merveille. Évidemment qu’il faut visiter la ville à vélo, ce qui est d’ailleurs très agréable, car tout est plat. Enfin, il faut manger sur un bateau accosté le long d’un canal, une expérience fort agréable, et il faut aussi visiter le Vondelpark, le plus beau parc de la ville où, se mêlant aux touristes, jeunes et vieux se retrouvent ! 

 Cuba compte aussi parmi vos destinations préférées ? 

 Comme bien des Québécois, je fréquente parfois un tout-inclus, mon préféré est le Sol Sirena Coral à Varadero, mais il ne s’agit pas d’un club haut de gamme. Pas très loin de lui se trouve le restaurant El Meson de Don Quijote qui vaut vraiment le détour ! À Cuba, je sors le plus possible de mon hôtel pour découvrir le vrai pays et aller à la rencontre du peuple. Je visite La Havane, une ville ancienne et moderne à la fois, pour ses musées, sa cité universitaire, et je mange chez l’habitant. Mantaza, beaucoup moins touristique, est une petite ville que j’aime également explorer. En plus, elle est à proximité de grottes qui rappellent les Cenotes au Mexique. Aller voir un match de baseball à Cuba est aussi très le fun ! 

Sur une terrasse lors d’un voyage à Bali.
Photo courtoisie
Sur une terrasse lors d’un voyage à Bali.

 Parlez-nous des Cubains... 

 J’aime leur ouverture, leur culture, leur grande curiosité, et leur niveau d’instruction. La plupart d’entre eux sont allés à l’université et on peut échanger avec eux sur n’importe quel sujet. En plus, ils adorent les enfants ! Les Cubains ont une grande résilience, et ils ne s’apitoient pas sur leur sort. Leur liberté, ils ne la trouvent pas dans les produits de consommation très limités, mais dans les arts, la danse, le théâtre, la peinture. Ils se racontent par les arts, et en tant qu’artiste, ça m’émeut beaucoup ! Ils savent tous danser et chanter. Ils sont festifs et moi, je suis quelqu’un qui aime faire la fête ! Alors, à Cuba, je me dépose, j’ai le droit d’être qui je suis, je peux danser tout croche si ça me tente. À Cuba tout le monde existe... 

 Y a-t-il des destinations que vous avez moins aimées ? 

 Genève, chaque fois que j’y vais, elle me déçoit. Elle est excessivement chère, peu animée et il n’y a pas de night life, ou de petits cafés écolos et sympathiques. C’est une ville de travail, peu chaleureuse, et les commerces ferment tous très tôt. Lausanne est beaucoup plus chouette, à mon avis. D’autre part, j’évite présentement de me rendre aux États-Unis. Je n’ai rien contre les Américains, mais j’ai décidé de boycotter le pays. Le président Trump est le pire président de l’histoire des États-Unis, et je ne cautionne absolument pas ses politiques racistes. Ce qui ne veut pas dire que je n’y retournerai pas un jour. Mais pour l’instant, ils n’ont pas besoin de mon argent pour enfermer les enfants d’immigrants. 

 En 2016, vous avez vécu les terribles attentats de l’aéroport de Bruxelles... 

 Vous étiez en train d’enregistrer vos bagages lorsque deux explosions ont retenti et causé la mort d’une dizaine de personnes. Est-ce que vous avez aujourd’hui moins envie de voyager ? 

 Non, pas du tout. Quand on vit ce genre de drame, on a, au contraire, envie de savoir qu’est-ce qui pousse l’humanité à poser de tels gestes et d’aller à la rencontre de l’autre. De plus, ça m’a fait réaliser à quel point la vie est fragile et qu’il est primordial de ne pas renoncer à ses envies, comme justement de voyager. Pour le reste, bien que j’ai complètement perdu l’ouïe de l’oreille droite en raison du bruit intense des explosions, je n’ai pas subi de choc post-traumatique, mais je sais que je n’en suis pas à l’abri. Cela n’a pas non plus changé ma façon de voyager, mais maintenant dans les aéroports, je repère les sorties de secours.  

 ► Pour en savoir plus, suivez notre collaboratrice Marie Poupart sur Facebook.

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