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En mode lecture: encre sympathique

<b><i>Encre sympathique</i></b><br>
Patrick Modiano, aux Éditions Gallimard, 144 pages
Photo courtoisie Encre sympathique
Patrick Modiano, aux Éditions Gallimard, 144 pages

Coup d'oeil sur cet article

Le prix Nobel de littérature 2014 signe ici une belle histoire qui ne s’effacera pas de notre esprit de sitôt.

Le narrateur de ce nouveau Modiano s’appelle Jean Eyben. Et lorsqu’il n’était encore qu’un tout jeune homme, il a été engagé dans une agence de détectives dirigée par un certain monsieur Hutte. Qui, parce que l’affaire ne l’intéressait absolument pas, ne tardera pas à lui déléguer le dossier Noëlle Lefebvre.

Mais déjà, le mot dossier est un peu fort. En l’ouvrant, Jean n’y trouvera qu’une photo beaucoup trop sombre et une fiche de renseignements pleine de blancs. À lui de se débrouiller pour les combler afin de pouvoir remplir correctement sa première mission : retrouver Noëlle Lefebvre, dont la disparition soudaine remonterait à plusieurs semaines.

Un passé recomposé

Toujours aussi agréable à lire, Modiano nous entraînera ensuite dans le Paris des années 1960, avec ses dancings, ses guichets de la poste restante et ses loges de concierge.

Marchant sur les traces de Noëlle Lefebvre, Jean traînera ainsi de plus en plus souvent dans les rues du 15e arrondissement, là où vivait la jeune femme. À la table d’un café des environs, il fera ainsi la rencontre d’un aspirant comédien qui aurait apparemment très bien connu Roger Behaviour, son mari. Tiens, Noëlle était donc mariée ? Un point que Jean aurait bien aimé pouvoir éclaircir, si ledit Roger n’avait pas lui aussi disparu en partant à la recherche de Noëlle...

Il serait vraiment dommage d’en dévoiler plus. Car avec ce livre coup de cœur, Patrick Modiano finit par nous faire douter de tout. Même du nom de celui qui aurait rédigé cette Encre sympathique.

Frissons garantis

Une vérité à deux visages

<b><i>Une vérité à deux visages</i></b><br>
Michael Connelly, Aux Éditions Calmann-Lévy, 430 pages
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Une vérité à deux visages
Michael Connelly, Aux Éditions Calmann-Lévy, 430 pages

 

Dans ce 23e opus, ce bon vieux Harry Bosch ne fait officiellement plus partie des inspecteurs du LAPD depuis déjà trois ans. Toujours aussi allergique au mot « retraite », il continue donc à offrir gratuitement ses services au département de police de San Fernando, qui est un vrai village comparé à Los Angeles. Comme très peu d’homicides y sont commis, la longue expérience de Bosch en la matière se révélera ainsi particulièrement utile le jour où deux pharmaciens – le père et le fils – seront froidement abattus dans leur commerce de Main Street.

Des meurtres qui semblent être reliés à un trafic de comprimés d’oxycodone, des antidouleurs qui, à haut dosage, sont presque aussi efficaces qu’un shoot d’héroïne.

Accusé à tort

Évidemment, enquêter sur ce genre de trafic aux multiples ramifications réclame doigté et temps. Mais du temps, Bosch en aura peu : un district attorney de l’unité de Vérification de l’Intégrité des peines l’accuse en effet d’avoir trafiqué des éléments de preuve dans l’affaire Preston Borders, une sale histoire de meurtres en série qui remonte à 1987. Comme on peut s’en douter, Bosch est innocent. Sauf que pour le prouver et empêcher qu’un malade comme Borders soit relâché dans les rues, il n’aura qu’une petite dizaine de jours...

Encore trois mots : un excellent Connelly­­­.

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

La consolation de l’ange

Frédéric Lenoir, aux Éditions Albin Michel, 
208 pages
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Frédéric Lenoir, aux Éditions Albin Michel, 208 pages

 

Une histoire fort sympathique... même si elle commence plutôt mal : Hugo, qui a à peine 20 ans, en a fini avec la vie et se suicide. Enfin presque. Puisqu’après un bon lavage d’estomac, il se réveillera dans une chambre d’hôpital, qu’il devra partager avec Madame Blanche. Née en 1927, cette vieille dame qui a presque tout vu tentera ensuite de faire comprendre à Hugo que chaque instant mérite d’être apprécié. Bref, c’est un peu Harold et Maude, version 2019.


Laisse-moi en paix

Clare Mackintosh, aux Éditions Le livre de poche, 544 pages
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Clare Mackintosh, aux Éditions Le livre de poche, 544 pages

 

Il y a maintenant presque 19 mois que le père d’Anna a rempli ses poches de pierres avant de se jeter du haut d’une falaise. Et presque 12 mois que sa mère a, un beau jour, décidé de faire exactement la même chose. Mais maintenant qu’elle vient elle-même d’avoir un enfant, Anna ne peut s’empêcher de s’interroger : qu’est-ce qui a bien pu pousser ses parents à vouloir se suicider ? Sa quête de vérité nous a scotchés à notre siège.


Paul McCartney – Yesterday and today

François Plassat, aux Éditions Hugo, 192 pages
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François Plassat, aux Éditions Hugo, 192 pages

 

L’auteur de ce magnifique livre grand format est ce qu’il est convenu d’appeler un fan fini des Beatles. Et de Paul McCartney plus particulièrement, puisqu’il en a déjà fait la bio. Misant cette fois sur quantité de photomontages inédits, il nous invite à parcourir tout l’univers musical de Macca, et ce, depuis ses tout premiers enregistrements studio.


L’histoire du monde

Collectif, aux Éditions Hurtubise, 322 pages
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Collectif, aux Éditions Hurtubise, 322 pages

 

Qu’on veuille en savoir plus sur l’ère des dinosaures, sur l’apparition et l’évolution de l’écriture, sur les croisades, sur l’ascension des samouraïs, sur l’histoire du sport, sur les gratte-ciel, sur le naufrage du Titanic, sur la Seconde Guerre mondiale ou sur les progrès technologiques du XXe siècle, c’est le livre qu’il nous faut. En fait, rares sont les sujets qu’il n’aborde pas, parce qu’il couvre carrément 13 milliards d’années d’histoire !