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Mission économique en Californie: François Legault voit grand pour nos séries télévisées

François Legault en rencontre avec Sébastien Moreau, fondateur et PDG de Rodeo FX.
Photo Marc-André Gagnon François Legault en rencontre avec Sébastien Moreau, fondateur et PDG de Rodeo FX.

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LOS ANGELES | Le premier ministre François Legault, qui rencontrera lundi des dirigeants de Netflix à Hollywood, rêve du jour où une production québécoise du calibre de La casa de papel sera diffusée partout à travers le monde.  

• À lire aussi: Streaming vidéo: Legault à Hollywood pour positionner le Québec 

Interrogé pour savoir si des plateformes de diffusion en continu pouvaient représenter une menace pour la culture québécoise, M. Legault a indiqué, au premier jour de sa mission en Californie, que «des entreprises comme Netflix, pour ne pas la nommer, peuvent aussi être un moyen de diffuser à travers le monde des productions qui sont plus locales.» 

Citant en exemple La casa de papel (titre original, en espagnol, de La Maison de papier), François Legault ajoute que, n’eût été Netflix, «El Professor» (le personnage principal de la série) «aurait peut-être été juste connu en Espagne.»

 

  • Notre journaliste économique Pierre Couture était à Politiquement incorrect sur QUB radio: 

Le premier ministre croit d’ailleurs en des «opportunités» pour le Québec. 

«On est bons! Sincèrement, nos séries au Québec sont bonnes», a fait valoir M. Legault. 

Incitatifs financiers  

En plus de Netflix, le premier ministre sera reçu aujourd’hui par de hauts dirigeants de Sony, Walt Disney (Disney+, Hulu) et NBCUniversal, qui lancera dans six mois sa propre plateforme, Peacock. 

«L’idée, c’est d’essayer de convaincre des producteurs de films de venir réaliser plus de films, plus de séries à Montréal, a expliqué Françcois Legault. On a de grands studios, on a des techniciens qui ont de l’expertise.»   

Plutôt que de travailler par projet, M. Legault aimerait faire en sorte que la présence de ces entreprises au Québec soit plus «permanente».        

«On serait peut-être prêts à leur offrir des meilleurs avantages financiers s’ils nous garantissaient un certain nombre d’emplois sur un certain nombre d’années», a signalé le premier ministre.        

Il n’envisage toutefois pas de révision du crédit d’impôt pour la production cinématographique, qui est passé de 25% à 20% au cours des dernières années, auquel s’additionne celui pour les effets spéciaux qui est de 16%.    

François Legault a pu visiter le Staple Center en compagnie du président des Kings de Los Angeles, Luc Robitaille. L’ex-joueur étoile de la Ligue nationale de hockey lui a notamment fait visiter le vestiaire de l’équipe.
Photo courtoisie Émilie Nadeau
François Legault a pu visiter le Staple Center en compagnie du président des Kings de Los Angeles, Luc Robitaille. L’ex-joueur étoile de la Ligue nationale de hockey lui a notamment fait visiter le vestiaire de l’équipe.

Outre une rencontre avec le PDG de Rodeo FX, Sébastien Moreau, M. Legault a été reçu, dimanche, par le président des Kings de Los Angeles, Luc Robitaille, qui lui a fait visiter le Staples Center.        

Le premier ministre prendra le dîner, lundi, avec un autre Québécois de renom: le réalisateur Jean-Marc Vallée.   

Une visite qui pourrait porter ses fruits 

Les rencontres de François Legault avec des géants comme Netflix et Walt Disney pourraient faire une différence pour attirer davantage de productions au Québec, croit le fondateur et PDG du studio d’effets visuels montréalais Rodeo FX. 

«De venir les rencontrer en personne, c’est sûr que ç’a une grande influence», a affirmé Sébastien Moreau aux journalistes, en marge de sa rencontre avec M. Legault dans un hôtel de Los Angeles. 

Son entreprise, qui a remporté plusieurs Emmy Awards, est notamment derrière les effets visuels de la série Game of Thrones et de la troisième saison de Stranger Things. Rodeo FX a maintenant une présence à Los Angeles, Montréal, Québec, Toronto, Munich, et en aura bientôt une à Londres.

Crédits d’impôt

Même s’il considère que le Québec «se compare au reste du monde» en ce qui a trait aux crédits d’impôt offerts pour la production cinématographique et les effets visuels, M. Moreau suggère de rester attentif aux États compétiteurs. 

«Il y a déjà de bons incitatifs qui sont en place, qui sont très bien», a-t-il reconnu. Mais contrairement à François Legault, dans l’industrie, le PDG de Rodeo FX constate que «c’est plus projet par projet» que les entreprises fonctionnent. 

Lors d’une mêlée de presse, dimanche, M. Legault a dit vouloir convaincre les producteurs de s’établir au Québec de façon plus «permanente», plutôt que de le faire par projet. 

«Les scénarios s’écrivent tranquillement, a raconté M. Moreau. Souvent, on travaille sur des projets dont les scripts ne sont même pas écrits encore.» 

L’entrepreneur originaire de Princeville n’écarte toutefois pas la possibilité que de grands joueurs puissent s’installer au Québec, comme Fox l’a fait en Australie.