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Accord de libre-échange nord-américain : ultime rendez-vous à Mexico pour les négociateurs

Accord de libre-échange nord-américain : ultime rendez-vous à Mexico pour les négociateurs
AFP

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WASHINGTON | Les principaux négociateurs du nouvel accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada doivent se retrouver à Mexico mardi pour permettre sa ratification, un an après sa signature.

« Cela se passe très bien sur l’AEUMC, les syndicats et d’autres me disent que ça se présente bien », a déclaré lundi le président américain Donald Trump, se montrant optimiste sur l’état des discussions pour amender l’Accord États-Unis, Mexique, Canada. 

« On me dit que ça se passe bien et que d’importants progrès ont été faits ces dernières 48 heures », a-t-il ajouté.

L’AEUMC, qui modernise le traité de l’ALÉNA vieux de 25 ans et qui a intimement lié les trois économies entre elles, a été signé par les trois pays fin novembre 2018, mais seul le parlement mexicain l’a pour le moment ratifié.

Les démocrates américains, qui ont la majorité à la Chambre des représentants, avaient rapidement exigé des amendements, et le principal négociateur américain a depuis de longs mois repris langue avec son homologue mexicain pour tenter de trouver les termes d’un amendement à l’accord qui satisfasse en particulier les syndicats américains.

Les choses semblent désormais proches de leur conclusion.

Selon le Washington Post, le représentant américain au Commerce Bob Lighthizer (USTR) va se rendre dès mardi à Mexico, ainsi que le gendre et conseiller du président Trump, Jared Kushner, pour assurer la signature de l’accord. Lundi soir, les services de l’USTR, interrogés par l’AFP, n’avaient pas confirmé ce déplacement.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, était aussi en route pour le Mexique lundi soir, ont indiqué ses services à Ottawa.

Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, et le principal négociateur commercial du pays, Jesus Seade, devaient donner une conférence de presse dans les heures à venir.

Interrogé à Ottawa, Justin Trudeau, le premier ministre canadien, a lancé : « Nous travaillons très dur et nous avons bon espoir d’arriver à une ratification bientôt ». Les Canadiens sont prêts, mais ont toujours dit attendre que Washington ratifie le texte avant de le faire eux-mêmes.

« Un accord final pourrait être conclu dans les 24 heures, selon plusieurs sources, ouvrant la voie à la ratification », a affirmé pour sa part la chaîne financière Fox Business, citant plusieurs sources anonymes.

Selon la chaîne CNBC, la Maison-Blanche et l’opposition démocrate sont « proches d’un accord de principe » et un vote de ratification du texte pourrait avoir lieu au Congrès le 18 décembre, si le texte est présenté d’ici le 15 décembre.

« J’espère qu’ils (les démocrates) vont le mettre au vote. S’ils le mettent au vote, ça va passer », a pronostiqué le président.

« Nous continuons à examiner la proposition. Pas d’accord à annoncer pour le moment », avait toutefois indiqué un haut-conseiller démocrate américain à l’AFP avant les déclarations du milliardaire républicain.

Profiter de l’Amérique

Donald Trump avait dénoncé l’ALÉNA peu après son arrivée à la Maison-Blanche, après l’avoir vilipendé pendant toute sa campagne présidentielle. 

Il accusait l’accord de nuire aux États-Unis et d’être à l’origine de la destruction de milliers d’emplois, en particulier dans le secteur manufacturier, en incitant les entreprises américaines à s’installer au Mexique, où la main-d’œuvre est moins chère.

Aux États-Unis, les démocrates, qui détiennent la majorité à la Chambre basse du parlement, ont bloqué la ratification, sous l’impulsion des syndicats. Ils craignaient que rien ne permette de vérifier l’application du texte, et en particulier la hausse des salaires horaires des travailleurs mexicains du secteur automobile. Cette hausse doit permettre d’atténuer la concurrence entre les travailleurs des trois pays.

Selon Fox Business, les Mexicains ont accepté que l’application de l’accord soit supervisée par « une partie neutre », après s’être longtemps fermement opposé à cette idée.

L’AEUMC prévoit par ailleurs pour le secteur automobile un changement important des règles dites d’origine, incitant à se fournir bien davantage en matériaux et composants de fabrication américaine. Il inclut en outre une clause forçant le Mexique à augmenter les salariés du secteur.

Le Mexique a indiqué dimanche vouloir amender les termes du nouvel accord concernant l’acier et l’aluminium.

La disposition concernant l’acier mettrait le Mexique « dans une situation très désavantageuse », avait affirmé Marcelo Ebrard durant une réunion avec des sénateurs.

Les termes de l’AEUMC imposent à Mexico de s’approvisionner en acier -- nécessaire à son industrie automobile -- à 70 % en Amérique du Nord. Or, Mexico se fournit également beaucoup au Brésil, au Japon et en Allemagne.

Le Mexique réclamera lors de la prochaine réunion des négociateurs du nouveau traité que l’application de la mesure ne soit pas immédiate, mais repoussée à « plus de cinq ans » après son entrée en vigueur, a souligné M. Ebrard.