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Les jeunes et la politique

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Photo d'archives, Ben Pelosse

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Approché il y a déjà quelques mois par les organisateurs du colloque Demain mon avenir, j'ai accepté avec grand plaisir de collaborer à la journée du 9 décembre. Autant j'apprécie le contact et la collaboration avec les universitaires, autant je considère comme un privilège ces moments passés avec ces jeunes.  

Ce lundi est donc réservé à des élèves de 5e secondaire de la région de Québec et de la Chaudière-Appalaches qui se retrouvent au Centre des congrès de Québec. Les thématiques offertes sont nombreuses et pour ma part je prononcerai une conférence intitulée «Donald Trump peut-il être réélu?»      

Vous connaissez déjà la réponse à cette question et eux aussi, probablement. L'intérêt réside donc moins dans le punch, ou l'absence de punch, final que dans les échanges qui vont précéder. Je n'exposerai pas ici l'ensemble de la démonstration, mais il va de soi que pour répondre à la question, nous sommes obligés d'effectuer un retour dans le temps pour nous demander si les conditions qui permettaient l'élection de Trump en 2016 peuvent se reproduire. Si vous lisez ce blogue régulièrement, vous avez probablement vu que j'ai récemment mentionné que les sondages de l'époque étaient précis, tout comme ceux de 2020 risquent de l'être. La course sera serrée et bien malin est celui qui peut en garantir le résultat.      

Si la réponse et une portion de la démonstration sont connues, ce qui me motive au plus haut point dans cette rencontre réside dans les connaissances et les outils que je peux transmettre à ces jeunes pour qu'ils parviennent à se faire une tête. Nous vivons une période extraordinaire où l’information n’a jamais été aussi abondante et facile à trouver. Ce qui l’est moins, c’est de discriminer l’information pour éliminer ce qui, sciemment ou pas, entraîne plutôt la désinformation.      

Si la confrontation des sources et la mise en contexte sont nécessaires au travail de l’historien, elles sont également incontournables lorsque l'on commente ou analyse l’actualité. Jamais je ne vais utiliser mon rôle d’enseignant ou de conférencier pour dire à mes étudiants ou aux participants ce qu’ils doivent penser, de quelle manière ils voteront ou organiseront leur vie. Une présentation comme celle offerte aux élèves du colloque ne doit jamais verser dans la propagande, l’exercice consiste surtout à trier l’information pour présenter l’ensemble des possibles.      

Vous comprenez que la réélection de Donald Trump ne constitue qu’un prétexte pour la rencontre de lundi. Le plus important est ailleurs dans la source de la connaissance et dans le traitement de l’information. Si en les quittant j’ai l’impression d’avoir modestement contribué à les diriger vers des savoirs organisés et structurés, j’aurai assumé correctement mon rôle.      

Vous n’êtes pas sans savoir qu’avec la contribution des réseaux, le web fait circuler toutes les informations, sans discrimination. Le savoir savant, fruit d’une démonstration scientifique, y croise les fausses nouvelles, les théories du complot et les pseudosciences sans discrimination. Il ne faut donc pas s’étonner que les experts d’un domaine donné aient maintenant à ferrailler avec de multiples «hypothèses» qui ne relèvent que de l’opinion, elle-même instruite d’une fausse information. C’est une des choses qui m’agacent en 2019, cette idée que toutes les opinions se valent...      

Les jeunes sont-ils réceptifs à une conférence sur la politique ou à une discussion sur l’élaboration des savoirs et des contenus? Oui! C’est d’ailleurs à leur demande que j’interviens demain. Si les jeunes ne manifestent pas ce désir, les responsables de cette journée ne me lancent pas d'invitation.       

Les préjugés sont souvent tenaces et nos jeunes ont le dos large. On répète souvent qu’ils ne s’intéressent pas à la politique ou aux enjeux de société. S’il est vrai qu’ils sont parfois le reflet d’une société qui ne valorise pas encore assez l’éducation et le savoir, ils répondent bien quand on les interpelle. Peu importe ce que véhiculent les fameux vox pop de Guy Nantel, plusieurs de nos jeunes vous impressionneraient par leur compréhension.      

Je salue donc l’initiative du comité qui organise ce colloque et j’espère contribuer à la motivation de nos jeunes. La meilleure arme contre la désinformation demeure une bonne éducation qui repose sur des connaissances solides et des outils méthodologiques éprouvés. Une bonne dose de passion complète parfaitement cette recette!