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Robert Charlebois: sans rides!

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Il incarne toujours plus que tout autre chanteur le rock en français auquel il a transmis son génie propre, sa folie contagieuse et avant tout sa personnalité inclassable. Robert Charlebois, à 75 ans, fête cette année cinquante ans de métier. 

À la Place des Arts, jeudi, le « gars ben ordinaire » a ému et séduit un public de boomers auxquels s’ajoutaient de plus jeunes de quarante, trente et même vingt-cinq ans. 

Charlebois appartient en effet au cercle restreint des grands artistes mythiques. Sa carrière s’inscrit dans la période de la francophonie lyrique. 

Sur scène, l’homme procure à son public le curieux sentiment de reculer dans le temps et d’être inscrit en même temps dans le présent. Plus exactement dans l’espace sidéral de Lindberg et en revenant à Montréal au temps d’avant la déconstruction de la ville avec ses cônes orange. 

Authenticité 

C’est à la fois un plongeon dans la nostalgie ouatée et un vif sentiment qu’à travers l’artiste, grâce à son authenticité, à son humour, à son émotion et à sa façon de défier le temps, nous sommes tous éternels. 

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Robert Charlebois chante les plus grands poètes du Québec moderne. Il enchaîne des chansons qui perdureront bien après que les derniers boomers auront disparu. Contrairement à d’autres « vieux » rockers à l’allure pathétique, Robert Charlebois ressemble à un grand arbre bien droit sous lequel on se réunit pour rêver. 

Il ne joue pas le jeune, il n’a pas la complaisance des anciens drogués qui confondent en vieillissant le joint avec le sexe. Robert Charlebois a survécu à tous les pièges de l’époque psychédélique. Autrement dit, son talent a toujours été plus grand que ses délires de jeunesse. 

Ce n’est plus un « ostie » de show, c’est un moment de pur bonheur sans une ride où la tendresse s’insère dans le rock.