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Ses plus belles années de retraite volées par Vincent Lacroix

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Plus de neuf ans après avoir récupéré une partie des sommes qui leur avaient été volées par Vincent Lacroix, l’auteur de l’une des plus grandes fraudes financières à avoir vu le jour au Québec, certaines victimes restent amères. 

C’est le cas de Michel Vézina, l’une des victimes les plus connues de Vincent Lacroix, qui a accepté de revenir sur le règlement qui lui aura permis d’enfin profiter de sa retraite, mais des années plus tard. 

«Au début, on savait que c’était une fraude, mais on ne savait pas de combien», a raconté M. Vézina en entrevue à LCN. 

C’est à la fin du mois de septembre 2005 que l’homme, débosseleur de métier et à la retraite depuis trois ans, apprend que c’est 300 000 $ qui ont disparu. 

«Ç’a été tout un choc dans une vie. Surtout rendu à mon âge, j’avais 66 ans à l’époque. Je suis retourné travailler pendant six ans, j’ai arrêté à 72 ans, lorsque le règlement s’est fait», détaille-t-il. 

Bien qu’il savait qu’il était possible qu’il puisse récupérer son argent, il craignait que les procédures puissent prendre un temps fou, et craignait mourir avant de récupérer son argent. 

Il fallut attendre en 2011 pour qu’il puisse récupérer 200 000 $ sur ses 300 000 $ perdus. Plusieurs autres victimes ont également retrouvé des montants. 

«Il m’a volé pleinement ma retraite, c’est un vol total. [...] Il ne doit pas l’avoir facile, mais je n’ai pas de peine pour lui. Il faut tourner la page, sinon c’est moi qui ne vivrai plus à ce moment-là. Lui l va continuer à vivre. Je fais ma vie, j’oublie.» 

Aujourd’hui à 80 ans, il n’oublie pas que Vincent Lacroix lui a volé six ans de sa vie. 

«C’étaient mes plus belles années de pension. J’aurais pu faire beaucoup de choses à ce moment-là. À un moment donné on est limité, l’endurance n’est plus là. La vie nous rattrape», a dit Michel Vézina. 

Le 21 septembre 2009, Vincent Lacroix a plaidé coupable à 51 chefs d'accusation et a été condamné à 18 ans de prison. Après avoir purgé le tiers de sa peine, il a passé trois ans en maison de transition avant d'obtenir sa libération conditionnelle, le 7 février 2014. 

Lacroix aura complété sa peine dans la collectivité le 28 janvier 2026, dans 10 ans. 

Au terme d’un procès pénal, deux procès criminels et d'une multitude de recours contre des institutions qui ont décidé de régler hors cours, la quasi-totalité de l'argent dérobé qui n'a pas été dépensé par Lacroix et ses acolytes a été récupérée.