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David Lemieux: comme dans le temps

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Camille Estephan aime ses boxeurs profondément. Et il aime David Lemieux comme un fils.

C’est autour de Lemieux qu’Estephan a ébauché le plan de Eye of the Tiger Management. Samedi soir, le patriarche, accessoirement promoteur, a fait tout un tour de manège lors de la finale de son excellente carte au Centre Bell.

Lemieux a reçu un accueil brutal chez les super-moyens : deux chutes au plancher, la première dès l’assaut initial.

Jouant sa dernière carte d’un plausible combat de championnat du monde, cette fois à 168 livres, David n’aura au bout du compte convaincu personne.

Maksym Bursak est un 160 livres naturel qui n’avait enregistré que 16 K.-O. lors de ses 35 victoires avant de se mesurer à Lemieux. La décision partagée n’est toutefois pas une décision locale. Le visage davantage tuméfié de Bursak témoigne du nombre de coups de puissance qu’il a encaissés provenant de Lemieux.

Plus d’énergie à la fin

David avait davantage d’énergie dans le dernier tiers du combat que lorsqu’il devait subir une chute de poids inhumaine pour se présenter à la pesée à 160 livres.

La triste réalité semble toutefois sans appel. Lemieux ne peut raisonnablement rêver d’un titre à 168 livres. Il semble trop gros pour les 160 livres et trop petit pour les 168 livres. Un rendez-vous historique raté en raison de son style sans retenue qu’il serait une erreur de tenter de modifier.

Une fois que vous avez lu ce qui précède, voici ce que mon cœur me dictait au moment d’aller dormir après le combat. Des David Lemieux, il n’y en a plus beaucoup. Un bagarreur, un vrai, un boxeur issu d’une autre époque. Celle où il était impensable de se ménager. Une époque de guerriers du ring.

David Lemieux vend des billets parce qu’il assure. Il permet à l’amateur d’assouvir sa soif de défoulement. David est un parfait mélange entre la rage de Gatti, la puissance de LaMotta et le romantisme d’Aznavour.

Oublier Canelo

Les trois piments trop paquetés qui ont hué la décision n’ont probablement pas payé leur billet. Ceux qui l’ont honorablement fait, ainsi que Réjean Tremblay, reconnaissent la qualité du spectacle qui s’est déroulé sous leurs yeux.

Camille Estephan suit le courant de son époque. Il est ainsi promoteur et agent d’affaires de ses boxeurs. Il ne peut donc jouir du combat de l’année qu’il a organisé, pas plus que de la victoire aux allures de défaite morale de son poulain.

La photo sur le ring après la décision est révélatrice. Marc Ramsay et ses partenaires de coin ne sourient pas du tout tandis que Camille Estephan et Antonin Décarie sourient comme deux gars qui croquent un gâteau aux fruits à Noël chez belle-maman...

David Lemieux devra sans doute faire son deuil des grands rendez-vous. Il devra probablement oublier Canelo.

Mais il peut se consoler à l’idée de remplir le Centre Bell à quelques reprises encore dans des batailles épiques qui me réconcilient avec la boxe.