/24m
Navigation

Le pilote s’évanouit? Pas de problème!

Coup d'oeil sur cet article

 Vous voyagez dans un petit avion et le pilote perd connaissance? À moins de parvenir à le ranimer, vous risquez la catastrophe. C’est précisément pour parer à cette éventualité que la compagnie Garmin présentait le mois dernier un nouveau produit appelé Autoland (c’est-à-dire «auto-atterrissage»). 

 Lorsqu’un passager appuie sur le «bouton de panique» rouge très facile à repérer dans le cockpit, le pilote automatique stabilise l’appareil. Il localise l’aéroport le plus commode (en fonction de la distance et de la météo), il communique avec sa tour de contrôle et fait atterrir l’engin dès que possible. 

 Au téléphone avec les services d’urgence, les passagers peuvent prendre soin du pilote évanoui. 

 Sécurité 

 Depuis une décennie, la perte de connaissance chez les pilotes de petits appareils tue en moyenne 27 personnes par année aux États-Unis, selon la National Transportation Safety Board. 

 La publicité de Garmin montre des enfants assis à bord d’un avion. Le message est clair: si le parent aux commandes de l’appareil subit une crise cardiaque, même un bambin peut sauver sa famille en activant le système qui s’occupe alors de tout. 

 Une voix féminine rassurante se fait entendre dès que la procédure d’urgence est enclenchée pour expliquer aux passagers les différentes actions entreprises par le pilote automatique. 

 Chez Garmin, ce projet de longue haleine a monopolisé une centaine d’ingénieurs depuis 2011. 

 Superflu 

 À en juger par la réaction des membres-pilotes amateurs de la Airline Owner and Pilots Association lors de la présentation du produit par Garmin, le système Autoland inquiète autant qu’il rassure. Oui, il va probablement sauver des vies. Mais il augure un avenir, que plusieurs passionnés de pilotage redoutent, où les avions se passeront de pilotes. 

 En attendant son approbation par la Federal Aviation Administration, Garmin va offrir son «bouton de panique» dans ses postes de pilotage G3000 intégrés aux Cirrus Vision Jet et aux Piper M600. 

 Scepticisme 

 «Quand tu passes près de New York et qu’il y a une cinquantaine d’aéroports avec un trafic intense, est-ce que vraiment une intelligence artificielle va parvenir à interagir avec les contrôleurs aériens?», se demande l’ex-commandant Robert Piché, que le nouveau produit de Garmin laisse sceptique. 

 «Est-ce que ça va coûter les yeux de la tête? se demande aussi M. Piché. Déjà qu’acheter un avion, ce n’est pas une petite dépense. Plusieurs vont hésiter à payer davantage pour une fonction dont ils risquent de ne jamais se servir.»