/entertainment/stage
Navigation

Ici est un objet théâtral touchant, réussi et essentiel

theatre Ici
Photo Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Les clichés liés à l’immigration sont nombreux et souvent envahissants. Ici permet de mettre un visage sur ces gens qui ont décidé, un jour, de changer de vie et de venir s’établir à Québec.

À l’affiche jusqu’à samedi à La Bordée, la pièce, mise en scène par Nancy Bernier, avait été présentée trois fois, au printemps 2018, lors du Carrefour international de théâtre.  

Ici, c’est le parcours de huit personnes originaires de la Belgique, du Brésil, du Chili, de la Colombie, de la Pologne, du Royaume-Uni, de Singapour et du Québec.

Elles se dévoilent et racontent pourquoi elles ont quitté, ce qu’elles ont laissé derrière elles, les défis associés à leur nouvelle vie et ce qu’elles ont dû surmonter. Elles se présentent une à une sur un plancher qui représente la carte du monde et leurs histoires s’entrecroisent.

Michael a quitté Birmingham, au Royaume-Uni, et une belle situation professionnelle, pour assurer un plus bel avenir à son fils. Irène Gonzalez s’est retrouvée à Québec à la suite du coup d’État de 1973 au Chili. Ania Luczak a suivi son amoureux. Charo Foo voulait avoir une meilleure vie. Natalie Fontalvo était à la recherche des possibles. Ils et elles ont tous leur histoire.

Quelques déplacements, des images projetées sur un écran et des airs de violon interprétés par Andrée Bilodeau. Ici est toute simple.

Plein de lumière

La force de cet objet théâtral repose sur les histoires de huit êtres humains qui ont pris un risque énorme. 

L’apprentissage d’une nouvelle langue, un nouvel environnement, le regard de l’autre et les difficultés qu’ils ont surmontées, dont les éternels clichés sur les gens qui viennent d’ailleurs. Des gens immensément résilients.

Ils se sont adaptés à leur nouvelle vie et ils s’ennuient parfois de ce qu’ils ont laissé derrière eux. Des gens qui, aujourd’hui, se sentent totalement chez eux au Québec.

«Je suis deux mois au Brésil et j’ai hâte de retourner au Québec, et aller manger une poutine», lance Flavia Nascimento. 

Ici se termine avec un rigodon totalement québécois, qu’elle mène cuillère de bois à la main, entourée par Natalie, Charo, Ania, Michael, Mélissa, Irène et sa fille Carmen-Gloria née au Québec. 

Une bien belle image qui démontre que nous sommes tous, au-delà des différences, semblables et qui incite à l’ouverture. C’est beau, c’est touchant, c’est vrai et c’est plein de lumière.