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Un ex-prof qui a leurré une centaine d’ados quitte le pénitencier

Simon Fortier
Photo d'arhcives

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Un ancien prof d’éducation physique de Sherbrooke qui a leurré 108 jeunes grâce à de faux profils Facebook a obtenu sa libération conditionnelle mardi, après avoir purgé environ la moitié de sa peine de 11 ans. 

Simon Fortier quittera sous peu le pénitencier à sécurité minimale de Laval pour résider dans une maison de transition spécialisée en délinquance sexuelle. 

Afin de protéger la société, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) lui a toutefois imposé un suivi psychologique et une obligation de divulguer toutes ses relations intimes ou amicales avec des gens ayant des enfants. 

L’homme maintenant âgé de 36 ans a plaidé coupable en 2016 à de nombreux chefs de leurre informatique, de possession et production de pornographie juvénile, d’incitation à des contacts sexuels et d’extorsion, notamment.  

Par l’entremise de faux profils Facebook, l’ex-prof ciblait des filles de 8 à 17 ans. 

Fortier offrait aux victimes de joindre une agence de mannequins, mais celles-ci devaient d’abord lui prouver qu’elles ne craignaient pas de se dénuder devant leur webcam.  

Il a même exigé que des jeunes filles se masturbent avec des objets ou commettent des actes de bestialité, sans quoi il diffuserait les clichés sur les réseaux sociaux.  

« Vous avez profité de la vulnérabilité et de l’accessibilité des victimes pour assouvir vos propres besoins sexuels », a rappelé mardi la commissaire Jessie Landry-Marquis, qui présidait l’audience avec sa collègue Katia Bustros. 

Il a cheminé 

Détenu depuis son arrestation à l’automne 2014, Fortier a purgé environ la moitié de sa peine de 11 ans de détention. 

Il a profité de ce temps pour faire « un cheminement intéressant et une introspection », a noté la CLCC, en lui octroyant sa libération conditionnelle. 

Fortier a même avoué avoir fait plus de victimes que les 108 jeunes pour lesquelles il a plaidé coupable. 

« [Avant], je me confortais dans mon idée que toutes les jeunes filles se montrent sur leur caméra de toute façon. Je me disais : “Moi, ce n’est pas pareil [comme les agresseurs], je ne les rencontre pas, je ne les touche pas” », a-t-il témoigné mardi. 

« Je ne voyais pas que c’était moi le dégueulasse. Le fait que ça soit virtuel, ce n’est pas mieux », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il avait peut-être même inconsciemment choisi le métier d’enseignant pour se rapprocher de jeunes filles. 

Fortier, dont le risque de récidive est évalué à modéré-élevé, souhaite maintenant travailler comme cuisinier ou comme signaleur routier et se tenir le plus loin possible d’un ordinateur.