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Les Québécois champions des heures supplémentaires avant un congé

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MONTRÉAL | Les Québécois sont plus nombreux qu’avant à devoir compenser une prise de congés, et le nombre d’heures supplémentaires dont ils doivent s’acquitter augmente également, c’est ce que révèle un sondage réalisé par la firme Léger pour l'entreprise de services aux employeurs ADP Canada. 

Les résultats du sondage publiés mercredi indiquent que les Québécois doivent en moyenne s’acquitter de 41 heures supplémentaires, contre 33 pour les Canadiens. 

L’année dernière, 40% des travailleurs québécois avaient déclaré devoir faire des heures supplémentaires pour compenser une prise de congés. En 2019, c’est plus de la moitié des travailleurs, soit une augmentation de 12 points en un an. 

Cette année, environ 17% des Québécois envisagent de devoir travailler plus de 35 heures avant et après leurs vacances, soit 70 heures au total, contre seulement 6% en 2018. 

«Il existe une réelle fracture au Québec où nous avons tendance à utiliser davantage nos jours de congés qu’ailleurs, mais où le coût brut des congés s’intensifie et se durcit, note Elvira Ciambella, directrice générale et vice-présidente à l'implantation d’ADP Québec. Les Québécois sont les champions des vacances, mais aussi des heures supplémentaires qui y sont associées: ils payent donc leurs congés plus cher.» 

En effet, 64% des Québécois interrogés ont déclaré utiliser la totalité des jours de congés qui leur sont alloués, contre seulement 48% des Canadiens. 

Quand ils ne le font pas, c’est principalement parce qu’ils souhaitent en accumuler davantage (pour 30% d’entre eux) ou parce qu’ils estiment avoir eu assez de jours de vacances (26%). 

Le sondage révèle également que les employeurs québécois ont tendance à restreindre les dates de vacances à certaines périodes de l’année et qu'ils sont les moins enclins à offrir des vacances illimitées. 

Ainsi, 52% des travailleurs ont indiqué que leur employeur limite les périodes pour lesquelles ils peuvent s’absenter pour des vacances, et près de neuf Québécois sur dix ont répondu que leur employeur n’offrait pas de vacances illimitées. 

Lorsqu’ils le font, 26% des employés se contentent des trois semaines de vacances réglementaires, alors que 75% montent jusqu’à six semaines. 

«Un coût brut des congés trop important aura un impact à la fois sur le mieux-être au travail, la productivité, la rétention des employés et peut déclencher des situations d’épuisement professionnel. Il est donc important que les employeurs facilitent et incitent la prise de congés, tout en s’assurant que l’entreprise dispose des ressources nécessaires et des politiques adaptées pour éviter des situations de compensation, que ce soit avant, pendant ou après les vacances», estime Mme Ciambella. 

Le sondage a été mené auprès de 1562 Canadiens, entre le 1er et le 4 novembre 2019.