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Mike Ward: sortez les violons

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 Quand Mike Ward rafle trois prix remis par l’industrie, il se présente en victime. Quand Mike Ward remporte un prix remis par le public, il se sent victime. 

 Quand Mike Ward est applaudi, il se comporte en victime. Et quand Mike Ward a cinq fois plus de temps que tous les autres pour prendre la parole... il est encore une victime. 

 Décidément, j’aimerais bien savoir quand Mike Ward va arrêter de se comporter comme un persécuté. 

 Lundi, à mon émission à Qub, j’ai fait jouer un extrait de son discours-fleuve... avec une musique de fond de violons. Ça allait très bien ensemble. 

J’AI LE DOUA 

 Dimanche soir, lors du gala, heure de tombée oblige, je n’ai pas pu écrire sur le discours-fleuve de Mike Ward, qui a pris le public en otage pour faire son discours... qui n’avait rien d’un discours de remerciement. 

 Plutôt ironique de se plaindre de son manque de liberté d’expression... alors qu’il a monopolisé les ondes d’un gala écouté par un million de personnes. 

 Normalement, dans un gala, le temps de remerciements est d’une minute. Un chronomètre est même affiché dans un moniteur pour que les gagnants suivent en temps réel le décompte des secondes qu’il leur reste. Mais Môsieur Ward ne se fait pas imposer de limites, lui ! Sa logorrhée a duré cinq minutes complètes, cinq fois plus que les autres gagnants. 

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 J’ai demandé à Marc Pichette, directeur des Relations publiques de Radio-Canada, si la décision était prise à l’avance ou si cela a été improvisé à la dernière minute d’accorder carte blanche à Mike Ward. 

 « La décision a été prise en direct. Comme il était le grand gagnant de la soirée, il était normal de lui allouer plus de temps. De plus, nous étions à la toute fin du gala. Il aurait été déplacé de conclure la soirée sur une musique couvrant ses propos. Nous avons jugé qu’à l’instar du public dans la salle, les téléspectateurs voulaient entendre son histoire ». 

 Je n’ai qu’une question : combien de secondes ont été accordées à Jérémy Gabriel pour ceux qui « voulaient entendre son histoire » ? 

 KALACHINKOV VS POURSUITE 

 Vous pensez que Mike Ward est un grand défenseur de la liberté d’expression ? 

 En janvier 2015, quand il y a eu les attentats terroristes islamistes à Charlie Hebdo, faisant onze victimes, Ward a été approché pour participer à une soirée de solidarité avec Charlie, organisée entre autres par Djemila Benhabib. 

 Mike Ward a refusé de participer à la soirée car, disait-il, « c’est plus un show anti-Islam organisé par le PQ ». 

 Dommage qu’il n’y ait pas participé. Étaient présents : Ensaf Haidar, l’épouse de Raïf Badawi, Yann Perreau, Paul Piché, Jamil Azzaoui, l’humoriste d’origine tunisienne, Nabila Ben Youssef et... Martin Petit. 

 Quel genre d’humour faisaient les victimes de Charlie Hebdo ? De l’humour cinglant, bête et méchant, de l’humour noir. Bref, exactement le même genre d’humour que prône aujourd’hui Mike Ward. 

 Dans son discours, Mike Ward a dit que les humoristes étaient comme « un canari dans la mine ». 

 Désolée, mais les vrais canaris dans la mine, ce sont les onze victimes de Charlie Hebdo qui sont mortes au bout de leur sang.