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L’espion aux cellulaires sévissait depuis longtemps

Il aurait débuté ses combines en 2013 et fait des victimes jusqu’aux États-Unis

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L’homme sans histoire soupçonné d’avoir espionné les cellulaires de dizaines de personnalités publiques aurait entamé ses manigances en solitaire il y a plus de six ans.   

Pascal Desgagnés, 45 ans, a été mis en état d’arrestation hier par le Service de police de l’Agglomération de Longueuil (SPAL) après une enquête qui a duré plus d’une année.        

  • Notre journaliste Félix Séguin était à QUB radio pour en parler :

Le résident de Québec est le principal suspect dans l’affaire de piratage de téléphones cellulaires de vedettes, révélée mardi par notre Bureau d’enquête.      

«L’enquête démontre qu’il aurait agi seul», a affirmé hier le sergent Patrick Barrière, du SPAL.

Pascal Desgagnés
Photo courtoisie
Pascal Desgagnés

Après avoir passé la nuit dernière en détention, le suspect devrait comparaître ce matin, au palais de justice de Québec.   

Sept accusations seront déposées contre lui, soit vol d’identité, fraude à l’identité, méfait à l’égard de données informatiques, utilisation non autorisée d’un ordinateur ainsi qu’utilisation frauduleuse d’un mot de passe.      

Il s’agit des premiers démêlés avec la justice en matière criminelle pour le père de famille.

Ce dernier aurait commencé à sévir le 20 décembre 2013, selon l’acte de dénonciation.

C’est quelques mois après l’immatriculation de l’entreprise dont il est le président, Conseil TI Newcolorz, située à Québec, a-t-on appris. Il s’agit d’une entreprise spécialisée en services informatiques enregistrée selon la Loi sur les sociétés par actions.      

L’adresse de la compagnie est l’immeuble où il résidait jusqu’à tout récemment, dans le secteur Neufchâtel-Lebourgneuf.

Le sergent Patrick Barrière.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Le sergent Patrick Barrière.

Cinq ans plus tard  

Le Mouvement Desjardins aurait fait partie de ses clients, a-t-on appris.      

Ce n’est que cinq ans plus tard, en mai 2018, que le SPAL a débuté une enquête le visant, en partenariat avec la Sûreté du Québec, à la suite d’une plainte de l’animatrice Véronique Cloutier.      

Celle-ci aurait découvert des irrégularités dans son appareil.      

Les gestes qu’on reproche au suspect auraient ensuite cessé le 21 janvier dernier. Son domicile a néanmoins été perquisitionné au cours des dernières semaines.      

«La quantité d’éléments saisis et vérifiés, ainsi que la complexité des analyses, expliquent la durée de cette enquête exhaustive de 18 mois», a mentionné M. Barrière.      

Des sites internet, des tours d’ordinateurs et des dispositifs informatiques ont été analysés.      

Outre Véronique Cloutier, des joueurs du Canadien de Montréal feraient aussi partie des vedettes sportives et artistiques ciblées, a-t-on appris.  

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Jusqu’aux États  

L’individu aurait eu accès, selon nos informations, à tous les messages envoyés et reçus sur le portable de ses victimes.      

«Plusieurs victimes au Canada et aux États-Unis ont été identifiées par les enquêteurs», a indiqué le porte-parole du SPAL.      

Il n’y aurait aucun lien entre les victimes, assure le service de police. Et le suspect ne les connaîtrait pas non plus. Elles auraient été ciblées au hasard.      

L’enquête démontre pour l’instant que les données auraient uniquement été utilisées à des fins personnelles.      

Pascal Desgagnés habite désormais à moins de trois kilomètres de son ancien domicile, dans un nouvel immeuble à condos.      

Une demande en matière familiale le concernant a été déposée devant le tribunal plus tôt cette année, a-t-on appris.