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Vie privée, le jour de la marmotte

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Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada doit avoir la triste impression de revivre le jour de la marmotte.

Ce chien de garde plus que jamais essentiel arrive chaque année à la même conclusion : les gouvernements et les multinationales font peu de cas du respect de la vie privée des gens.  

Pendant ce temps, les scandales sur les fuites de données personnelles se multiplient et la population devient de plus en plus méfiante. Ces fuites ont touché presque tous les Canadiens l’an dernier, soit 30 millions de personnes ! Daniel Therrien n’hésite plus à parler d’une crise de confiance.

Retard

Le commissaire a rappelé hier dans son rapport annuel, pour une énième fois, que le Canada accuse un important retard par rapport aux autres pays développés. Et ce n’est pas près de changer. 

Après s’être traîné les pieds pendant des années, le gouvernement Trudeau a présenté une Charte du numérique en toute fin de mandat. Cette feuille de route établit les grands principes qui guident Ottawa dans sa volonté d’améliorer la protection de la vie privée.

Le commissaire Therrien a taillé en pièces cette charte qu’il juge carrément déficiente. « Tant le cadre existant que la proposition du gouvernement sont d’excellents incitatifs pour les entreprises à ne pas prendre la vie privée au sérieux », a-t-il ironisé dans son rapport.

Peu de mordant

Malgré ses beaux discours, Ottawa refuse toujours de donner plus de dents au commissaire. Ce dernier exige qu’on lui donne le pouvoir d’imposer des amendes et de forcer les mauvais élèves à respecter la loi. Des vertus que détiennent pourtant ses homologues européens et américains. 

Résultat, le commissaire Therrien se retrouve souvent démuni face à des géants qui n’ont que faire de ses remontrances. C’est le traitement que lui a réservé Facebook récemment, dans la foulée de l’affaire Cambridge Analytica.

Un chien de garde plus costaud ayant le pouvoir de distribuer des pénalités financières changerait sans aucun doute la dynamique.

Mais le problème, aussi, c’est que le fédéral est bien mal placé pour faire la morale aux grandes entreprises, lui qui perd dans la nature chaque année une tonne de données personnelles sur les Canadiens. C’est ce qu’on appelle être dans une maison de verre.