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Votre vie privée n’existe plus

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Il y a quelques années, un de mes beaux-frères m’a dit qu’il craignait les appareils électroniques (ordis, télés, tablettes, cellulaires) comme la peste, car des gens — et des États — mal intentionnés pouvaient les utiliser pour nous épier.  

« Oh boy, me suis-je dit après qu’il fut parti. Il est gentil, le beauf, mais il consulte trop de sites complotistes, il est en train de devenir complètement parano... »  

ZUCKERBERG LE FAIT, FAIS-LE DONC  

Eh bien, mon beau-frère avait raison.  

Fuites de données dans d’importantes institutions bancaires et au ministère du Revenu, révélations-choc d’Edward Snowden sur les programmes américains de surveillance globale, États étrangers qui utilisent nos systèmes informatiques pour tenter d’influencer les résultats de nos élections, services policiers qui espionnent des journalistes pour identifier leurs sources...  

Et maintenant, pirates informatiques qui « entrent » dans les téléphones cellulaires de personnalités connues pour lire leurs courriels et leurs SMS ou écouter leurs conversations.  

Plus on est connecté, plus notre vie privée est vulnérable.  

Il paraît que des geeks peuvent même utiliser nos haut-parleurs « intelligents » (comme Google Home, Echo ou Alexia) pour écouter ce qu’on se dit dans le « confort » de notre foyer. 

 Et attendez l’arrivée des voitures autonomes... Il y a deux ans, des chercheurs chinois ont pris le contrôle à distance du système d’autopilotage d’une Tesla.  

Vous imaginez ce que des terroristes pourraient faire ? Ils pourraient transformer votre auto en arme...  

Avant, je souriais quand quelqu’un me mettait en garde contre les dangers des bidules informatiques.  

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Maintenant, depuis la sortie d’Edward Snowden, je mets un diachylon sur la caméra web de mon ordi...  

Si Mark Zuckerberg lui-même le fait, je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas.  

Si c’est bon pour minou, c’est bon pour pitou.  

DES ESCLAVES VOLONTAIRES  

Comme m’a déjà dit un spécialiste de sécurité informatique : « La vie privée telle qu’on la définissait avant la révolution informatique n’existe plus. Quand tu pitonnes sur ton ordi ou que tu te promènes sur internet, présume que quelqu’un, quelque part, te regarde... C’est la meilleure façon de te protéger. »  

Le hic est qu’à moins d’aller vivre dans le bois, on ne peut pas revenir en arrière.  

Il n’y a que les imbéciles qui croient que Facebook, Google, Twitter et autres Instagram sont gratuits.  

On paie pour utiliser ces services ! Pas avec de l’argent, mais avec notre vie privée...  

C’est comme ça que les géants du web sont devenus multimilliardaires.  

Pourquoi pensez-vous qu’ils nous donnent accès gratuitement à des gizmos qu’ils ont pris des mois à développer à grands frais ?  

Par grandeur d’âme ?  

Non : ces bébelles leur permettent de récolter plein d’infos sur nous, qu’ils revendent à fort prix.  

Ça fait des décennies que les entreprises, les corporations et les formations politiques se demandent comment elles peuvent mettre la main sur nos données personnelles, nos habitudes d’achat, nos biais idéologiques, etc.  

Ces informations valent littéralement de l’or...  

Or, on leur donne ! Gratuitement ! Avec le sourire !  

En échange de quoi ?  

Pour obtenir l’énorme privilège de partager des vidéos de notre chat avec de purs étrangers qui n’en ont rien à foutre !  

C’est pas assez niaiseux, ça ? 

Édito de Richard Martineau