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Un policier de Longueuil coupable d’abus de confiance

Le jury l’a toutefois acquitté de deux autres accusations jeudi

Le procès de l’agent de police Marc-Olivier Perron a duré près d’un mois au palais de justice de Longueuil.
Photo Chantal Poirier Le procès de l’agent de police Marc-Olivier Perron a duré près d’un mois au palais de justice de Longueuil.

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Après deux jours de délibérations, un jury a déclaré un policier de Longueuil coupable d’abus de confiance, jeudi.

Marc-Olivier Perron a accueilli le verdict sans broncher, au palais de justice de Longueuil.

L’agent de 36 ans faisait initialement face à trois accusations : utilisation frauduleuse d’un ordinateur, abus de confiance pour avoir accédé à des informations « très secrètes » et abus de confiance pour avoir copié ces données privilégiées sur un support USB sans autorisation.

Après deux jours de délibérations, le jury a acquitté le policier des deux premiers chefs et l’a déclaré coupable seulement du troisième.

La Couronne reprochait à l’agent qui œuvrait au Bureau d’analyse et du renseignement criminel (BARC) d’avoir utilisé l’ordinateur et le mot de passe d’une supérieure hiérarchique responsable du module de contrôle des informateurs, au printemps 2016.

Infos « très secrètes »

Perron a ainsi pu accéder à des informations classées « très secrètes », qu’il a copiées sur un support USB. Le dispositif a été retrouvé chez lui lors d’une perquisition effectuée le jour de son arrestation.

Pendant le procès, qui a débuté le mois dernier, le policier a admis avoir posé ces gestes.

Il s’est toutefois défendu en disant qu’il tentait de démontrer une énième faille de sécurité du BARC du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL).

Ses patrons avaient toutefois rapidement commencé une enquête à son sujet sans l’en informer, craignant d’avoir une taupe au sein du SPAL.

Aucune preuve étayant un quelconque lien entre Perron et le crime organisé n’a toutefois été présentée au jury de cinq femmes et sept hommes.

Si rien ne laisse présager que les identités des sources ont été divulguées ou vendues à des individus qui auraient pu les utiliser à mauvais escient, c’est une crainte qui a été évoquée lors du procès.

Intégrité

« C’est important pour l’intégrité du système de justice que les gens qui décident de collaborer avec les policiers sachent que le système judiciaire va être là pour les protéger et s’assurer que leur identité demeure confidentielle », a souligné Me Geneviève Beaudin, de la Couronne, après le verdict.

L’accusé et ses avocates, Mes Ariane Bergeron St-Onge et Audray Julien-Béland, ont préféré ne pas commenter. Ils ont 30 jours pour déterminer s’ils porteront la déclaration de culpabilité en appel.

La juge Myriam Lachance devra maintenant déterminer la sentence appropriée à Perron.

Le policier devra aussi se défendre devant une autre instance pour conserver son emploi.