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Climat: efforts redoublés pour éviter un échec cuisant à la COP25

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Après 24 heures supplémentaires de négociations, les pays signataires de l’Accord de Paris tentaient toujours samedi de s’entendre, afin d’éviter un échec à la COP25 et essayer de répondre aux appels des jeunes du monde entier pour des actions plus radicales en faveur du climat.

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Samedi matin, au terme d’une nuit d’intenses discussions, les positions étaient très éloignées sur plusieurs sujets clés et de nombreux États ont fait part de leur frustration, pointant du doigt le manque d’ambition des derniers projets de texte mis sur la table par la présidence chilienne.

« J’ai besoin de rentrer à la maison, de regarder mes enfants dans les yeux et de dire que nous avons eu un résultat qui va garantir leur avenir », a déclaré la représentante des îles Marshall, Tina Stege.

« C’était la COP de l’ambition, nous ne voyons pas cette ambition », a renchéri Carlos Fuller, négociateur en chef pour le groupe des 44 États insulaires, particulièrement vulnérables à la montée du niveau de la mer.

Les ONG se montraient aussi très déçues par les résultats obtenus au bout de deux semaines de discussions.

« S’il y a une fois dans l’histoire où je devais dire +les gouvernements ont merdé+, je le dirais aujourd’hui à Madrid », s’est emporté Mohamed Adow, directeur de Power shift Africa.

S’achemine-t-on vers une suspension de la COP, comme cela s’était déjà produit en 2000, quand deux semaines d’intenses négociations avaient débouché sur un échec ? « Nous ne prévoyons aucune suspension », a assuré Andres Landerretche, représentant de la présidence chilienne, promettant pour la fin d’après-midi de nouveaux textes de négociation.

Il a salué le « soutien ferme à être plus ambitieux » exprimé par plusieurs États.

Urgence pour la jeunesse

Le verdict de la science est sans appel : pour éviter la catastrophe climatique, il faut transformer radicalement l’économie pour commencer à réduire les émissions de gaz à effet de serre et avoir une chance d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement de la planète à 2°C, voire 1,5°C, par rapport à l’ère pré-industrielle.

Au rythme actuel, le mercure pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5°C d’ici la fin du siècle. Même si les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement dépasserait 3°C.

Si rien ne change d’ici la fin de cette réunion, les millions de jeunes descendus dans les rues à l’instar de l’adolescente suédoise Greta Thunberg, venue cette semaine à Madrid pour dénoncer une nouvelle fois l’inaction selon elle des États, n’auront pas été entendus.

« La différence entre la jeunesse dans les rues et les négociations est que les jeunes sont dans l’urgence, car il reste moins de 11 ans » pour limiter au maximum le réchauffement climatique, fait valoir la jeune activiste Alexandria Villasenor. Pour cette Américaine de 14 ans, « la COP25 nous a déçus ».

Tous les États doivent soumettre d’ici la COP26 à Glasgow une version révisée de leurs engagements. À ce stade, quelque 80 pays se sont engagés à présenter un rehaussement de cette ambition, mais ils ne représentent qu’environ 10 % des émissions mondiales.

Quasiment aucun des plus grands émetteurs, Chine, Inde ou États-Unis, ne semble vouloir rejoindre ce groupe. Seule l’UE a « endossé » cette semaine à Bruxelles l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050. Mais sans la Pologne, très dépendante du charbon. Et les Européens ne se prononceront pas avant l’été sur le relèvement de leurs engagements pour 2030.

« Cynisme et cupidité »

« La présidence chilienne a une tâche: protéger l’intégrité de l’accord de Paris et ne pas permettre qu’il soit déchiqueté par le cynisme et la cupidité », a dénoncé la patronne de Greenpeace Jennifer Morgan.

Or « une poignée de pays bruyants a détourné le processus et pris le reste de la planète en otage », a estimé Jamie Henn, de l’ONG 350.org.

Dans le collimateur des défenseurs du climat, outre les États-Unis qui sortiront de l’Accord de Paris en novembre 2020, la Chine et l’Inde, qui insistent, avant d’évoquer leurs propres engagements révisés, sur la responsabilité des pays développés à faire plus et à respecter leur promesse d’aides financières aux pays en développement.

Mais aussi l’Australie et le Brésil, tous deux accusés de vouloir introduire dans les discussions sur les marchés carbone des dispositions qui selon les experts saperaient l’objectif même de l’Accord de Paris.