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Contestation sociale au Chili: la vie avec un œil en moins

Contestation sociale au Chili: la vie avec un œil en moins
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Depuis le début du mouvement de contestation sociale qui secoue le Chili, il y a près de deux mois, environ 350 personnes ont été blessées aux yeux ou au visage, la majorité par des tirs de projectiles de la police. 

• À lire aussi: L’ONU dénonce les «violations des droits de la personne» par la police 

Dans un rapport publié vendredi, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé les «multiples violations des droits de la personne» commises par les forces de l’ordre contre les manifestants, soulignant le «nombre alarmant de personnes» éborgnées. 

L’AFP a fait le portrait de plusieurs d’entre eux et recueilli leurs témoignages. 

Nelson Iturriaga, maçon, 43 ans 

Contestation sociale au Chili: la vie avec un œil en moins
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«J’étais dans un endroit où il ne se passait rien, quand, d’un coup, un groupe de personnes encagoulées apparaît, puis se fond dans la foule. Derrière nous surgissent des carabiniers [policiers, NDLR] qui descendent d’une camionnette et se mettent à tirer de tous les côtés», raconte ce brun qui porte un bouc et les cheveux longs. Il a été blessé le 21 octobre, peu après le début de la contestation. 

«Le projectile, je ne l’ai pas senti quand il m’a touché. [Mais] il m’a projeté au sol. J’ai d’abord eu très peur, car je perdais beaucoup de sang», ajoute Nelson, qui porte une protection en plastique sur son œil gauche qui tient grâce à du scotch. Il a perdu la vue de ce côté et doit encore subir plusieurs opérations. 

Diego Foppiano, étudiant, 22 ans  

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«J’ai eu très mal, j’ai beaucoup crié et j’ai perdu connaissance», se souvient ce jeune homme touché à l’œil gauche par une bille en caoutchouc tirée par la police, le 19 octobre.  

«Ma vie a pris un virage à 180 degrés; j’ai été lésé dans tous les aspects. Les médecins m’ont dit que je ne pourrais plus faire de sports de contact, et j’aimais vraiment cela [...] J’ai essayé de retourner en cours, mais je ne voyais rien», raconte celui qui utilise un cache-œil noir.  

Alejandro Torres, caméraman, 44 ans 

 

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«J’étais en première ligne. Entre les manifestants et les policiers qui tiraient. J’ai senti le projectile qui s’est logé derrière l’œil; j’ai perdu la vision, car le nerf optique s’est rompu», décrit Alejandro, qui filmait les manifestations dans sa ville de Chiguayante, au sud du Chili. 

«En ce moment, je ne peux pas travailler et, avec un œil en moins, je vais devoir chercher autre chose, je ne pourrai plus exercer le même métier», regrette-t-il.