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Les faux courtiers d’assurances

Les nouvelles règles laissent entrevoir que nombre de consommateurs ont été floués par des courtiers d’assurances qui ne magasinaient pas vraiment pour eux.
Photo d’archives Les nouvelles règles laissent entrevoir que nombre de consommateurs ont été floués par des courtiers d’assurances qui ne magasinaient pas vraiment pour eux.

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La loi 141, votée au printemps 2018, est entrée en vigueur, hier, le 13 décembre. Elle nous protège mieux en matière de services financiers, notamment sur les assurances de dommages. Bravo. Elle nous protège mieux parce qu’elle ne permet plus à quelqu’un qui est affilié à une seule compagnie d’assurances de porter le titre de courtier. Bravo encore.

Après avoir dit bravo, je me permettrai une question. Qu’est-ce qui se passait avant ? Les projets de loi visent toujours à corriger des problèmes. Or, cette fois-ci, on peut avoir le goût de comprendre à quel point le consommateur s’est fait rouler avant d’arriver à cette réforme.

Dans la nouvelle loi, les définitions semblent claires. Un vendeur qui vous offre en priorité les produits d’assurance d’une seule compagnie s’appellera désormais un agent. Un courtier aura le devoir de vous présenter les soumissions d’au moins trois compagnies d’assurances.

Floués, les amis

Je dois être naïf, mais j’ai toujours pensé que c’était ça le rôle d’un courtier : magasiner en mon nom. J’ai toujours cru que le courtier d’assurance prenait mon intérêt et allait fouiller, parmi tous les choix offerts, la meilleure réponse à mes besoins, au meilleur prix. D’ailleurs, c’est le message que véhiculent énergiquement les courtiers eux-mêmes pour intéresser la clientèle.

Puis, un beau matin, mon gouvernement se réveille et nous dit que ce n’était plus le cas ces dernières années dans plusieurs cabinets. Le gouvernement nous dit qu’il a pris les mesures pour forcer les courtiers à nous présenter plusieurs soumissions. Histoire de nous protéger contre les faux courtiers.

Le sous-entendu derrière cela est gros comme une fosse à purin. Pendant une trop longue période, des milliers de clients naïfs ont cru de bonne foi faire affaire avec un courtier. Dans les faits, ils faisaient affaire avec un faux courtier commis à pousser les produits d’un seul assureur.

Achetés

Il faut dire que plusieurs cabinets de courtage ont fait l’objet d’acquisitions par des géants de l’assurance. Par hasard, le cabinet de courtage finit par offrir à profusion les produits de l’assureur qui en est devenu l’actionnaire.

Bon nombre de propriétaires de cabinets de courtage sont devenus multimillionnaires en accueillant les investissements de ces géants de l’assurance dans leur actionnariat. Sommes-nous en droit de penser que nous, les nonos de consommateurs, en avons payé une bonne partie en payant trop cher parce qu’on nous flouait ? Parce qu’on nous passait le produit chouchou de la maison plutôt que de trouver le moins dispendieux pour nous.

Au fil des ans, les règles ont évolué. Les gouvernements ont subi le lobbying de tous les acteurs de cette industrie hautement lucrative. Disons que le consommateur ne semble pas avoir eu le gros bout du bâton.

Et l’Autorité des marchés financiers ? Elle doit nous protéger dans tout cela en ce genre de matières. Elle nous donne parfois l’impression d’être un chien de garde en peluche.