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Ski acrobatique: la haute voltige dans les gènes

Miha Fontaine suit les traces de son père Nicolas

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Photo AFP Miha Fontaine ne se serait pas imaginé pratiquer un autre sport que le ski acrobatique comme son père Nicolas, qui agit maintenant comme son entraîneur avec l’équipe du Québec.

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Une nouvelle preuve nous est donnée que l’audace peut être héréditaire. Pour s’envoler si habilement dans les airs avec des skis aux pieds, Miha Fontaine démontre qu’il porte en lui les gènes de son père Nicolas.

Jadis berceau du ski acrobatique avec les frères LaRoche, Lloyd Langlois et Jean-Marc Rozon, le Québec Air Force a fait des petits, c’est le cas de le dire. Nicolas Fontaine, triple olympien et entraîneur-chef de l’équipe du Québec, dirige notamment son fils, dans son groupe qui participera vendredi et samedi aux deux premières compétitions de la Coupe Nor-Am à Park City.

« À mon âge, mon père n’avait pas encore commencé le ski acrobatique, alors je n’ai pas vraiment de pression. J’aime regarder ce qu’il faisait à son époque. Je revois plein de vidéos et je m’en inspire », nous disait l’adolescent lors d’une soirée de financement du ski québécois, à la fin d’octobre.

Un choix naturel 

Miha Fontaine fêtera ses 16 ans en janvier et il exécute des mouvements « aussi bons que les meilleurs » que son père dit avoir réussis durant sa carrière. Vivre à Lac-Beauport, où se trouve la station Le Relais et la rampe d’eau pour l’entraînement des sauts, a incité le fiston à opter pour cette discipline de haute voltige.

Pourtant, jusqu’à l’an dernier, il excellait également dans les bosses. L’entraînement spécifique à chaque spécialité l’a toutefois obligé à faire un choix.

« Je pensais qu’il aurait opté pour les bosses parce qu’il avait très peur au début en saut. Pour emprunter ces gros sauts, quand tu atteins 25 pieds dans les airs, il faut être très téméraire, alors qu’en bosses, tu y vas de façon plus progressive », explique le paternel, auteur de 13 victoires en Coupe du monde entre 1993 et 2003.

« Je n’ai jamais espéré qu’il devienne un champion. J’ai toujours voulu qu’il s’amuse et qu’il soit heureux. Ce qui aurait été le plus dur pour moi, ça aurait été de le voir faire du saut, mais qu’il n’aurait eu aucun talent. Je l’aurais vu toujours dernier dans le groupe. J’aurais trouvé ça triste pour lui. »

Miha Fontaine et son père Nicolas.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Miha Fontaine et son père Nicolas.

Papa et entraîneur

Les aptitudes pour ce sport unique sont vite ressorties chez le jeune Miha. Un trampoline dans la cour arrière et les pentes à proximité ont orienté sa décision. En peu de temps, il a joint le noyau de l’équipe provinciale que dirige son père. « Ce qui est le fun à la maison, c’est qu’on parle de ski et qu’on peut trouver des solutions. Durant un entraînement, je me laisse parfois emporter comme s’il était davantage mon père, mais j’essaie que ça arrive le moins possible », affirme le jeune skieur.

« C’est important pour moi de dire les mêmes choses à ses coéquipiers le lendemain, précise son père. Je ne veux pas lui donner un avantage parce qu’il a déjà celui d’être avec moi à la maison et de partager ma vision. Et je veux qu’il m’aide à coacher le reste de la “gang” en étant un bon modèle. »

Aux portes de la Coupe du monde

S’il est vrai que le plaisir croît avec l’usage, certains sauteurs de la relève québécoise du ski acrobatique pourraient prendre goût davantage à leur sport en participant à une première Coupe du monde à Deer Valley, au mois de février.

Miha Fontaine, promu dans l’équipe nationale de développement à l’âge de 15 ans seulement, figure parmi les plus susceptibles d’obtenir l’un des deux postes restants dont le Canada bénéficiera à cet événement. Les résultats aux deux épreuves de la Coupe Nor-Am à Park City, vendredi et samedi, désigneront les deux élus qui accompagneront les Québécois Lewis Irving et Félix Cormier-Boucher, assurés d’y participer en vertu de leur statut de réguliers sur la Coupe du monde. « Si la progression dans mes sauts que j’ai connue durant l’été se continue sur la neige, j’ai de très bonnes chances », croit Fontaine.

Une expérience bénéfique

L’absence forcée de Lewis Irving en raison d’une opération à une hanche, la saison dernière, avait ouvert la porte au jeune Québécois pour s’élancer à l’épreuve par équipe des championnats du monde présentés à ce site reconnu de Deer Valley. Cette expérience de se produire devant une grosse foule pourrait lui servir, selon lui.

« En Coupe Nor-Am, on est habitués à avoir seulement une centaine de personnes aux compétitions. À Deer Valley, c’est 4000 ! C’est sûr que ça donne un stress de plus, mais en même temps, c’est plus le fun parce que tu peux démontrer ton talent et ce que tu as appris devant une grosse foule. Je suis un gars qui aime quand il y a du monde. Quand je regarde en bas avant de sauter, j’aime voir autant de monde qui encourage. »

Les JO en 2022 ? 

À deux années des Jeux olympiques de Pékin, quand il aura alors 18 ans, la progression rapide de Fontaine laisse supposer qu’il pourrait devancer des échéanciers. L’exemple du Suisse Noe Roth, qui n’avait que 17 ans à Pyeongchang, le démontre.

« Je l’ai observé et il faisait les mêmes sauts que moi quand il avait mon âge. Si j’ai une progression équivalente et même moindre à la sienne, j’aurai des chances. »