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Jean Charest de retour en politique ?

Jean Charest de retour en politique ?
Photo d'archives ANNIE T. ROUSSEL

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La rumeur d’un possible retour de Jean Charest en politique active se fait de plus en plus persistante. Au secours, diront certains. Bravo, leur répondront d’autres. 

Depuis la démission d’Andrew Scheer comme chef du Part conservateur du Canada (PCC), les conservateurs se magasinent d’éventuels candidats à la chefferie. 

Or, comme je l’expliquais ici , s’ils ambitionnent vraiment de tenter de défaire le gouvernement libéral de Justin Trudeau à la prochaine élection, les critères que devra rencontrer leur prochaine ou prochain chef, ne sont pas anodins : 

«Parfaitement bilingue. Capable de comprendre non seulement les aspirations de l’Alberta, mais celles du Québec et de l’Ontario qui leur ont échappé. Déterminé à défendre des valeurs sociales plus « progressistes » sur l’avortement et les communautés LGBTQ. Prêt à agir dans le dossier des changements climatiques. 

Bref, les conservateurs recherchent l’antithèse parfaite d’Andrew Scheer. Pour l’aile dite progressiste-conservatrice du parti, c’est une occasion en or. Tassée par l’aile d’une droite plus radicale de l’Ouest canadien depuis leur fusion en 2003 au sein du nouveau PCC, elle pourrait reprendre du galon en présentant des candidats plus centristes.» 

Ce qui, on ne s’en sort pas, pourrait faire penser à un certain Jean Charest, lui-même, du temps de sa carrière fédérale, un ex-chef de passage du Parti progressiste-conservateur. 

La rumeur veut aussi que Jean Charest, également l’ancien chef du PLQ et ex-premier ministre du Québec, soit en «consultation» intense avec ses proches et à travers les milieux conservateurs du Canada. 

Comme quoi, après 28 années en politique active – 14 au fédéral et 14 au Québec -, la politique, comme on dit, est véritablement une drogue dure. 

Les obstacles? L’enquête Mâchurer de l’UPAC , bien sûr. Tant qu’elle ne sera pas terminée ou carrément fermée, qui sait, un soupçon de corruption continuera à le suivre. 

D’un autre côté, au fil du temps, Mâchurer est devenue une préoccupation qui se limite – désolée de le dire -, essentiellement au Québec. Dans le ROC, ce qu’il reste surtout aujourd’hui comme souvenir de Jean Charest est son époque épique du «Capitaine Canada» lorsqu’au fédéral, il s’était démarqué comme fédéraliste inconditionnel avant, pendant et après le référendum de 1995. D’où son repêchage subséquent en 1998 par l’establishment du PLQ pour aller en politique québécoise contre Lucien Bouchard. 

Pour les conservateurs, les qualités de «campaigner» redoutable de Jean Charest ne sont pas à dédaigner non plus. 

De toute manière, c’est amplement connu. Le vrai rêve de Jean Charest depuis les débuts de sa carrière, n’était pas de devenir un jour premier ministre du Québec, mais du Canada... 

S’il décide de sauter à nouveau dans l’arène comme candidat à la chefferie conservatrice – pour le moment, c’est encore un «si» -, l’impact de son arrivée risquerait aussi de changer complètement la dynamique au PCC.  

Soit qu’elle ferait carrément fuir d’autres candidats potentiels par crainte de sa trop grande notoriété et expérience politique. Soit qu’elle ne les ferait pas fuir, mais qu’elle leur ferait néanmoins suffisamment d’ombre pour être perçu dès le début comme l’éventuel gagnant de la course, quasiment garanti à l’avance. Un peu comme l’arrivée de Pierre Karl Péladeau l’avait fait dans la course à la succession de Pauline Marois. 

Enfin. C’est à suivre... Sûrement un beau sujet de conversation – ou de dispute -, autour de la dinde de Noël...