/misc
Navigation

Un tramway à l'aveuglette

Il faut rire: le pire est à venir!

Un tramway à l'aveuglette
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Le Québécois fiscalisé jusqu’à la moyenne enrage devant l’ingéniosité que ses élus mettent au service de la connerie: tramway, traversiers, trop-perçus...  

Un malaise à peine plus léger que la honte l’envahit au fil de la dilapidation des taxes et des impôts, payés de gré ou de force.  

- Té pâs bin, toué, dans ton coton ouèté?  

- Non monsieur, pas bien du tout!   

À Québec, l’exaspération gagne du terrain alors que l’à-peu-près ferroviaire s'impose à l'intelligence.     

On espérait un mouvement d’humeur des députés de la Coalition Aphone du Québec, mais ce sont d’incurables silencieux...     

Pourtant, même le Vérificateur général de la Ville ne peut certifier que le budget de 3,3 milliards tiendra la route. D’ailleurs, personne n'y croit!     

M. et Mme Tout-le-monde, dans leur séculaire sagesse, devinent qu’il faudra sans doute doubler la somme.     

Logique quand on a 23 kilomètres à parcourir en pleine ville. Quand il faut détruire et reconstruire, creuser, décontaminer, bétonner, débrancher, rebrancher le câble, le gaz, l'électricité, la fibre optique, sans parler des découvertes archéologiques qu'on ne manquera pas de faire.      

Ça prendra du fric, des tonnes de fric et des armées de fonctionnaires et des régiments d'ingénieux et des escadrons de délégués au temps sup.     

Tout ce beau monde se pliant volontiers aux normes les plus strictes et les plus coûteuses, conformément à leurs propres plans et devis et aux tatillonnes conventions collectives prévoyant la soupe et le papier-cul le moins rugueux possible, un motif suffisant de grief...     

Un tramway à l'aveuglette
Photo d'archives

Et puis, quand l’abribus coûte aussi cher que l’autobus, on doit craindre le pire!      

Il n'y aura que Bombardier et les rois Beaudoin pour se réjouir de l'aventure hémorragique qui attend la capitale.      

Les petits fours servis à La Pocatière seront du meilleur goût. Pédégés, vépés, contremaîtres et sous-fifres sous-traitants ne se contenteront pas de Mouton-Cadet.     

On dit donc 3,3 milliards, ce qui est déjà plus qu’annoncé au départ, mais 3,3 milliards ne suffiront pas.      

Qu’on le sache tout de suite: le césarisme municipal sera payé au prix fort et seuls les morts échapperont au remboursement des glorioles posthumes.      

Ah, si on avait mis autant d’efforts à ramener la Ligue nationale de hockey à Québec qu’à y enfoncer un train colorectal, les Nordiques feraient honneur à un amphithéâtre incidemment bâti pour eux...     

On apprend ces jours-ci, de la bouche du maire Labeaume, qu’une «droite toxique» pollue l’atmosphère et que «du monde spécial» s’oppose au «choix démocratique» du tramway.     

On sait bien que, du côté de la vertu, il n’y a de place que pour les admirateurs et les amnésiques. Et pour les militants à 1 000 $/jour...   

Mais peu importe. Son avis n'empêche pas de penser. Ou de s’interroger sur sa propre parole. A-t-elle plus de valeur aujourd’hui qu’en 2017?     

D’un scrum à l’autre, des centaines de millions sont déplacés au gré des additions du lundi refaites le jeudi: gonflent ou rétrécissent l’inflation, les contingences et les imprévus...      

Ce projet de tramway, refusé en public mais déployé une fois les électeurs privés de recours, reste d’abord une juteuse occasion d’affaires pour les clans bien informés.     

Un tramway à l'aveuglette
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

En banlieue, c’est autre chose. Dans les quartiers où les chasse-neige s’acharnent déjà sur l’asphalte, on flaire une odeur cousine de l’industrie porcine...     

On doit espérer que le gouvernement Legault s’intéresse au plus sacrant à ce mirobolant projet, «tricoté grosso modo».     

Les caquistes devraient y regarder d’autant plus près qu’on a récemment tenté «une petite passe», une opération tellement grossière que le maire ne pouvait lui-même la qualifier autrement.     

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, à peine émis les chèques de Québec et d’Ottawa, ce projet était supposément «taillé sur mesure».     

En vérité, le tailleur travaillait à l'aveuglette. Il s’est emmêlé dans ses ciseaux et le budget, comme ses habits, est manifestement trop petit.     

Il ne reste qu'une option: retailler le projet et la dépense pour en exclure les wagons, les garages, les ponts et les outils, etc.     

Le drame, si on peut l’expliquer davantage, c’est qu’à Ottawa comme à Québec, on vénère la dépense.      

Les mythomanes des villes et des villages ne s’empêchent donc pas de rêver grand puisqu'ils sont poussés à l’excès.     

Intervient ensuite le caractère paradoxal des politiciens multimillionnaires qui, parcimonieux avec leur patrimoine, sont étonnamment prodigues avec l’argent des autres.      

Penser ainsi est évidemment un crime de lèse-progressisme, mais, comme dirait le maire, on s’en fout!