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Peut-on gagner à la loterie sans le dire à son conjoint ou sa conjointe?

Insomnia
Illustration Adobe Stock

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Quelqu’un m’a demandé récemment s’il était possible de gagner à la loterie à l’insu de son conjoint.   

À moins de mener une double vie, je ne vois qu’une raison de vouloir cacher à son chum ou à sa blonde qu’on est millionnaire de la loterie : la crainte de devoir partager la cagnotte devant l’imminence d’une séparation.   

Faut-il séparer le prix ?   

Clarifions ce point. S’il s’agit d’un conjoint de fait sans enfant, il n’y a rien à partager. S’il y a un enfant issu de l’union, le gain de loterie et les revenus de placement qui en découlent seront sans doute considérés dans le calcul de la pension alimentaire pour l’enfant.  

Chez un couple marié, le lot pourrait aussi entrer dans le calcul d’une pension alimentaire à verser à l’ex-conjoint en cas de divorce. Comme le magot ne fait pas partie du patrimoine familial, il n’a pas à être réparti, en principe.   

Cependant, si le couple s’est marié sous le régime de la société d’acquêts, c’est une autre histoire. Le gain de loterie fera partie des « acquêts » et devra être divisé.  

On peut imaginer, dans ce cas, des manœuvres pour contourner cette obligation, par exemple donner le billet gagnant à un proche pour qu’il nous rembourse après la conclusion du divorce ; ou encore, comme on dispose d’un délai d’un an pour réclamer son prix, attendre que la séparation soit officielle avant de demander son chèque.   

Pour un avocat, ce serait facile de démontrer le subterfuge devant la cour. D’un point de vue légal, ce serait donc jouer avec le feu de tenter de cacher des gains de loterie. Peut-on rester anonyme ?   

La question plus large de l’anonymat des gagnants de lots importants n’est pas moins pertinente.   

Peut-on aller chercher en catimini son chèque de Lotto Max ?  

Prenez le gros lot de ce soir, qui s’élève à combien, 50 millions $ ? Il en faut bien moins pour rameuter la racaille. Gagner à la loterie, c’est malheureusement être condamné à être sollicité de tous bords tous côtés. Impossible de s’en sortir, à moins de démontrer à Loto-Québec que sa sécurité physique est compromise.   

Seule une personne en chair et en os peut réclamer un prix, ce qui exclut la possibilité de mettre en place une fiducie ou une entreprise derrière laquelle se cacher.   

Les gagnants de lots importants doivent se soumettre à une séance de photos et accepter que leur nom et la région d’où ils proviennent soient diffusés.   

Loto-Québec justifie le bien-fondé de cette pratique, généralisée en Amérique du Nord, par un « souci de transparence ». En publiant l’identité et les photos des gagnants, la société démontre qu’elle remet les prix.   

Bien d’autres moyens pourraient être utilisés pour s’en assurer.  

Conseils    

  • Inutile de rajouter une couche au tapage de Loto-Québec :   
  • N’en parlez pas sur les réseaux sociaux.  
  • Ne pavoisez pas dans une voiture de luxe et ne succombez pas au bling-bling.  
  • Gardez votre emploi si vous y êtes heureux.  
  • Placez l’argent et profitez des rendements.   
  • Bref, faites le contraire de ce que vous voyez dans la publicité de Loto-Québec !