/finance/news
Navigation

La recette gagnante de Matane pour recruter des travailleurs

Grâce à sa stratégie, la région a réussi à faire croître sa population

Marmen
Photo courtoisie De gauche à droite, John, Byron, Edinson et Jorge, quatre soudeurs venus du Nicaragua et de la Colombie, qui travaillent à l’usine de Marmen, à Matane.

Coup d'oeil sur cet article

La région de Matane déploie avec succès plusieurs services pour aider les entreprises à attirer et retenir la main-d’œuvre dans la région. À tel point que d’autres municipalités veulent copier sa recette. 

À leur arrivée au Québec, en 2016, les premiers soudeurs recrutés par Marmen pour son usine de Matane ont été accueillis à l’aéroport par Fanny Allaire-Poliquin, coordonnatrice du Service d’accueil des nouveaux arrivants de la Matanie (SANAM). Elle a fait l’aller-retour entre la ville du Bas-Saint-Laurent et Montréal (un trajet de plus de 1200 km) pour les emmener dans leur nouveau lieu d’adoption. 

Les jours suivants, elle les a accompagnés dans leur démarche pour obtenir leur numéro d’assurance sociale, ouvrir un compte bancaire, s’inscrire aux cours de francisation, s’installer dans leur premier appartement, que Marmen mettait à leur disposition.  

« Comme je parle espagnol, je pouvais communiquer avec eux et leur servir d’interprète », explique Fanny Allaire-Poliquin.  

La clé du succès 

Aujourd’hui, l’usine matanaise de Marmen, dédiée à la fabrication de tours d’éoliennes, compte près d’une dizaine de travailleurs recrutés à l’étranger. Le SANAM continue d’appuyer l’entreprise, comme tous les autres employeurs, dans le projet d’installation de leurs nouveaux employés, qu’ils viennent d’ici et d’ailleurs.  

Créé en 2011, l’organisme, qui bénéficie d’un soutien financier de partenaires de la région, offre également ses services aux étudiants internationaux inscrits au cégep de Matane. Il en accueille plus de 300, soit environ 40 % de ses effectifs.  

« Notre objectif n’est pas juste de favoriser la rétention des travailleurs, précise Mme Allaire-Polliquin. On veut que ces gens s’enracinent à Matane. Et pour cela, il faut un terreau fertile d’où la création des Rézo. »  

C’est là un des éléments clés du succès de Matane qui connaît une hausse de sa population depuis deux ans. Actuellement, elle compte plus de 14 000 habitants. 

À travers les Rézo, c’est toute la communauté qui se mobilise. Le Rézo des parrains et marraines est constitué de particuliers ou de familles qui sont jumelés avec les nouveaux arrivants pour les aider à agrandir leur cercle de connaissances. Le Rézo Matanie organise des activités régulières (soupers thématiques, journées plein air, etc.) où toute la population est conviée. Enfin, le Rézo J’aime la Matanie vise à stimuler le sentiment d’appartenance en invitant notamment les gens à signer une déclaration affirmant leur fierté d’habiter le territoire.  

Séjours exploratoires 

Une autre stratégie du SANAM : des séjours exploratoires organisés conjointement avec Place aux jeunes région Matane.  

En novembre dernier, ce sont 14 personnes qui ont visité les attraits de la municipalité et rencontré des gens ayant fait le choix de s’y installer récemment. Ils ont dû avoir des propos convaincants puisque deux participants ont décidé de déménager leurs pénates, et d’autres sont en réflexion.  

Statistiques 

30 000 nouveaux emplois en novembre 

La création d’emplois reste forte au Canada. Entre octobre et novembre, ce sont 30 900 emplois qui ont été créés au pays, selon Le Rapport national sur l’emploi d’ADP Canada. Il y a eu des gains dans plusieurs industries, dont la construction et le commerce, le transport et les services publics. Ces deux secteurs ont créé chacun 5400 nouveaux emplois. L’éducation (+5300) et les soins de santé (+13 400) ont aussi enregistré une augmentation du nombre de postes. 

La situation est moins rose dans les ressources naturelles et l’exploitation minière (-2000), les activités financières et services immobiliers (-2800) et les services professionnels et techniques (-1600).  

Finalement, ADP a révisé à la hausse ses données pour octobre. Plutôt qu’une perte de 22 600 emplois, le Canada a enregistré un gain de près de 3000.  

Recrutement 

Boom dans le secteur des technologies 

Le secteur canadien des technologies sera en mode recrutement au premier semestre de 2020. Selon un sondage du cabinet de dotation en personnel Robert Half Technology, 50 % des décideurs dans les TI prévoient agrandir leur équipe au cours de cette période.  

Les profils les plus recherchés sont dans les domaines de la cybersécurité, de l’infonuagique, des services de veille stratégique, entre autres. 

Toutefois, les obstacles à l’embauche persistent. Il n’est pas rare que les meilleurs candidats reçoivent plusieurs offres d’emploi ; les leaders du secteur doivent donc prendre leurs décisions d’embauche rapidement ou risquer de perdre de bons candidats au profit de leurs concurrents.  

En plus d’une rémunération et d’avantages sociaux concurrentiels, la promotion d’une culture organisationnelle solide peut aider les entreprises à stimuler le recrutement et la rétention des travailleurs en TI, selon Robert Half Technology. Pour pallier les difficultés de recrutement, presque tous les gestionnaires interrogés (96 %) affirment qu’ils feront appel à des professionnels intérimaires. 

10 millions $ pour les petits fruits et le miel 

Québec a annoncé cette semaine une aide de 10 M$ pour soutenir des projets de développement des entreprises en production végétale, notamment les producteurs de petits fruits et les apiculteurs.  

Les entreprises désireuses de participer à ce nouvel appel à projets pourront déposer une demande entre le 8 janvier et le 27 février 2020. Québec a révisé les modalités de son initiative. Ainsi, le montant minimal d’aide financière passe de 5000 $ à 3000 $ et le pourcentage d’aide financière passe de 40 % à 50 %. Pour les apiculteurs, le revenu de l’entreprise ne sera désormais plus pris en compte pour déterminer l’admissibilité à l’aide financière. Certains équipements et matériels de base stratégiques seront inclus dans la liste des investissements admissibles.  

Les projets admissibles doivent viser l’amélioration de l’efficacité de la main-d’œuvre ou des travaux agricoles, que ce soit par l’acquisition ou l’adaptation d’un équipement de production, d’outils technologiques et l’utilisation de services professionnels. 

Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés, s’y préparent.  

Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à yves.daoust@quebecormedia.com