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Drew Brees, au-delà des records

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Photo d'archives, AFP Pour la huitième fois sous la gouverne de Drew Brees (au centre), les Saints prendront part aux séries en janvier. Ils ont mérité ce privilège cinq fois en 38 ans, auparavant.

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Drew Brees reçoit une dose d’amour amplement méritée, cette semaine, parce qu’il a encore une fois battu un record important, s’installant au premier rang dans l’histoire pour le nombre de passes de touché en carrière. L’impact du quart-arrière des Saints va toutefois bien plus loin que ses statistiques monstres.

Oui, Brees est le détenteur de plusieurs records dont les passes de touché (541), les verges (76 884), les passes complétées (6821) et le taux de passes complétées (67,6 %). Sa production dans la NFL est tout simplement astronomique et sur la base de ses statistiques, il ne fait absolument aucun doute qu’il sera accueilli au Temple de la renommée du football dès sa première année d’admissibilité, cinq ans après sa retraite.

Un héros local

Mais Drew Brees, c’est beaucoup plus qu’une pluie de records et de chiffres surréalistes. Il fait partie d’une rare frange d’athlètes qui transcendent leur sport par l’exemple qu’ils prodiguent et leurs succès qui se mesurent bien en dehors de leur excellence sur le terrain.

Brees, pour La Nouvelle-Orléans, représente un véritable héros, rien de moins. Il faut, pour apprécier ses réussites au-delà des performances magistrales, se replonger dans le contexte d’une ville dévastée par l’ouragan Katrina, en 2005. Une catastrophe sans nom qui a fait perdre la vie à plus de 1200 personnes et dont les ravages ont entraîné des coûts de 125 G$.

Dans la foulée de l’événement, le Superdome, domicile des Saints, a aussi été ravagé et pendant une saison complète, l’équipe n’y a pas joué un match, prenant la forme d’un club itinérant.

Des rumeurs de plus en plus persistantes envoyaient même les Saints à San Antonio, car certains estimaient que le marché de La Nouvelle-Orléans ne serait plus jamais viable. 

S’ils sont aujourd’hui un symbole de succès, les Saints ont longtemps été la risée de la NFL avec seulement cinq participations aux séries, de leur fondation en 1967 jusqu’aux tristes événements de 2005.

Malgré le contexte morose et l’incertitude, c’est avec cette organisation en déroute que Brees a accepté d’aller jouer en 2006. Certains diront qu’étant donné une grave blessure à l’épaule, personne d’autre ne voulait de lui. 

Mais c’est quand même aux côtés de partisans désabusés et éprouvés qu’il est allé se battre pour redresser une ville et une équipe en s’impliquant sans retenue dans sa ville d’adoption. Trois saisons plus tard, il guidait les Saints vers leur unique conquête du Super Bowl. Et plus personne n’effleure le sujet d’un potentiel déménagement depuis...

L’effet inverse

À l’inverse des Saints, les Chargers, équipe qui a repêché Drew Brees en 2001 et avec laquelle il a disputé ses cinq premières saisons, ne sont plus à San Diego. Ils jouent plutôt à Los Angeles, dans un marché qui n’a rien à cirer d’eux, dans l’indifférence totale.

Il est tout à fait réaliste de croire que s’ils avaient misé, à long terme, sur le joueur et l’ambassadeur exceptionnel qu’est Brees, les Chargers seraient probablement dotés d’un nouveau stade aujourd’hui à San Diego, avec une solide base de partisans. 

Comme Peyton Manning l’a fait pour les Colts à Indianapolis, c’est Brees qui aurait pu, en quelque sorte, être l’architecte derrière un nouveau palace. 

Combien de joueurs dans l’histoire auront eu un impact aussi profond sur deux franchises ? Drew Brees, c’est bien plus qu’une scintillante valse de statistiques.

5 points àsurveiller

La course aux séries

Les Vikings, s’ils disposent des Packers demain soir, deviendront la quatrième équipe cette saison à se qualifier pour les séries après avoir raté le tournoi l’an dernier. Cela marquerait ainsi la 30e année de suite qu’au moins quatre équipes se qualifient après avoir échoué la saison précédente. Huit équipes ont déjà leur billet parmi
12 places disponibles.

McCaffrey à la chasse

Le porteur des Panthers Christian McCaffrey a besoin de connaître deux matchs exceptionnels pour espérer battre le record de verges de la ligne de mêlée en une saison. Il a présentement 2121 verges au compteur et le record a été établi par Chris Johnson avec 2509 verges en 2009. C’est donc dire que pour le rejoindre, McCaffrey aura besoin de 194 verges en moyenne face aux Colts et aux Saints. Toute une commande !

Nouveaux départs

Deux vétérans ont été réclamés au ballottage cette semaine. Le secondeur extérieur Terrell Suggs, libéré par les Cardinals, se retrouve avec les Chiefs. À 37 ans, il a enregistré 5,5 sacs en Arizona, avec quatre échappés forcés. En carrière, il revendique 138 sacs. Les Chiefs sont 11e à ce chapitre avec 39 sacs. De son côté, Janoris Jenkins quitte les Giants pour les Saints. Le demi de coin avait excellé avec les Rams avant de se faire oublier à New York.

Record pour Thomas ?

Après Drew Brees, voilà que son receveur de choix chez les Saints, Michael Thomas, est aussi à la chasse à un prestigieux record. Il a jusqu’ici capté 133 passes et s’il en attrape 11 autres face aux Titans, il éclipsera la marque de 143 établie par Marvin Harrison avec les Colts, en 2002. À cinq reprises cette saison, Thomas a connu des matchs d’au moins 11 réceptions.

Gros match dans l’Est

Les Cowboys (7-7) et les Eagles (7-7) en viennent aux prises dans un duel qui sera déterminant pour la tête de la division Est, dans la Conférence nationale. En fait, si les Cowboys gagnent à Philadelphie, la division leur appartient. Depuis 2010, aucune équipe n’a remporté le Super Bowl sans avoir au préalable remporté sa division.