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Les dindes d’Angèle sont réservées un an d’avance

La ferme fait le régal des amateurs de volailles depuis cinq générations

Volailles d'Angèle
Photo Geneviève Quessy Jean Martin et son fils David devant la boutique située sur le rang de la Rivière Sud.

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Ils existent depuis des décennies, ils sont choyés par leur communauté ou ils l’ont marquée à travers les années. Des petits commerces de partout au Québec font la fierté de leur région. Le Journal vous présente le portrait de quelques-uns d’entre eux.


SAINT-ESPRIT | Des gens parcourent des centaines de kilomètres pour aller chercher leur dinde du temps des Fêtes, réservée un an d’avance, aux Volailles d’Angèle, dans Lanaudière.

En ce samedi du début décembre, c’était la cohue à la boutique de la ferme des Volailles d’Angèle de Saint-Esprit, à une trentaine de minutes de Repentigny.

« Ici, les dindes sont réservées un an à l’avance », explique Angèle Grégoire, 55 ans, la fameuse Angèle des volailles.

Depuis 20 ans, avec son conjoint, Jean Martin, 59 ans, ils ont repris la ferme des Martin, dans la famille depuis cinq générations.

Après ses ancêtres et son père, qui cultivait le tabac et élevait des porcs, le fermier a choisi les volailles pour faire sa marque. Canards, poulets, pintades et dindes nourries aux grains, sans médicament ni antibiotique, font la réputation de la PME.

Le rôti de dinde farci aux pommes, raisins et porto, un grand classique des Volailles d’Angèle.
Photo Geneviève Quessy
Le rôti de dinde farci aux pommes, raisins et porto, un grand classique des Volailles d’Angèle.

Des gens de partout

Bien plus que les gens du coin, la boutique attire tout au long de l’année des férus d’agrotourisme venant d’aussi loin que la Montérégie ou l’Outaouais.

« C’est tellement de travail, on ne s’en tire pas en bas de 75 ou 80 heures par semaine. C’est pour ça que les commerces comme le nôtre sont en voie de disparition. Même si la clientèle cherche ça, ça va se faire de plus en plus rare », évoque Jean Martin.

Angèle s’occupe de la boutique et développe toujours plus de nouvelles recettes pour remplir les étalages de plats préparés tous plus appétissants les uns que les autres.

« Ce qui me passionne, c’est la relation avec les clients. Je vois qu’ils aiment nos produits et sont heureux de revenir. Beaucoup apprécient le fait d’être relation directe avec le producteur », dit-elle.

Ailes de poulet piquantes, rôtis de dinde, pilons de poulet confits et fumés, il suffit d’une fois et on ne peut plus s’en passer, selon des clients interrogés sur place.

Depuis le début

Certains fréquentent l’endroit depuis le tout début, comme Micheline Forget, de Saint-Roch-de-L’Achigan.

« Ça fait 20 ans qu’on vient ici, et jamais plus on n’achètera du poulet d’épicerie. Sur une cuisse de poulet d’Angèle, on peut manger à deux, alors qu’avec les cuisses de l’épicerie, il en faut deux par personne tellement elles fondent. On dit toujours à la blague qu’Angèle a des grosses cuisses ! » s’exclame Mme Forget.

Son conjoint, André Bergeron, a une totale confiance. « Je sais qu’ici, les animaux sont bien traités, et c’est important pour nous. »

L’un des deux fils de la famille, David Martin, âgé de 27 ans, s’occupe du commerce à temps plein avec sa mère.

« Il faut être présent. Ça prend du dévouement et de la passion. Les gens sont fiers de dire qu’ils connaissent leur éleveur. On est dans la tendance, mes parents ont été visionnaires de voir ça venir », explique-t-il.