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Encore plus de profs non qualifiés dans les écoles québécoises

La hausse est de 57% en un an seulement

Visite de la Polyvalente de Black Lake pour le classement des ec
Photo d’archives, Pascal Huot

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Aux prises avec des difficultés de recrutement, des commissions scolaires doivent de plus en plus souvent avoir recours à des profs non qualifiés pour enseigner à leurs élèves. La présence de ces enseignants non qualifiés est en hausse de 57 % en un an seulement.

Selon les chiffres obtenus par Le Journal, leur nombre est passé de 1127, en 2017-2018, à 1765 l’an dernier.

La hausse n’est pas surprenante puisque Québec a assoupli l’an dernier les règles entourant les « tolérances d’engagement » afin d’aider les écoles à faire face à la pénurie d’enseignants.

«Permission exceptionnelle»

Ces dérogations permettent aux commissions scolaires d’embaucher des personnes, qui n’ont pas de baccalauréat en enseignement, lesquelles peuvent agir tout de même comme profs dans les écoles québécoises.

Il s’agit d’une «permission exceptionnelle» qui n’est pas renouvelable, précise-t-on au ministère de l’Éducation.

La hausse du recours aux tolérances d’engagement est particulièrement marquée dans la région de Montréal, mais le phénomène s’étend aussi à d’autres régions, comme Québec et l’Outaouais (voir encadré).

À la commission scolaire de la Pointe-de-l’île, à Montréal, le nombre de tolérances d’engagement a quadruplé en un an seulement. 

Le nombre d’enseignants à embaucher cette année a augmenté d’environ 25 %, indique-t-on, notamment en raison de l’augmentation du nombre d’écoles considérées comme défavorisées. 

Ce changement a entraîné une diminution du nombre d’élèves par groupe dans neuf écoles, ce qui s’est traduit par des embauches supplémentaires.

Dans cette commission scolaire, le nombre d’élèves en classe de francisation est aussi en hausse, ajoute sa porte-parole, Valérie Biron.

«Face à notre hausse fulgurante de clientèle, on doit tout mettre en œuvre pour s’assurer de combler les besoins en enseignants», affirme-t-elle.

Messages contradictoires

De son côté, le président de la Fédération des commissions scolaires, Alain Fortier, souligne que le réseau scolaire «est un peu pris entre l’arbre et l’écorce».

Les commissions scolaires ont besoin d’avoir recours à ces assouplissements pour ne pas se retrouver avec des classes vides, mais ces «solutions à court terme» viennent miner les efforts de valorisation de la profession enseignante que le réseau tente de mettre de l’avant, souligne-t-il.

«Ce sont deux messages difficiles à concilier», laisse-t-il tomber.

Des hausses

Commissions scolaires où le nombre d’enseignants non qualifiés a le plus augmenté en un an :

Commission scolaire de la Pointe de l’île

  • 2017-2018 : 17
  • 2018-2019 : 71

Commission scolaire de Montréal

  • 2017-2018 : 104
  • 2018-2019 : 257

Commission scolaire des Découvreurs

  • 2017-2018 : 7
  • 2018-2019 : 21

Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais

  • 2017-2018 : 11
  • 2018-2019 : 35

Source : ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur