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Infection parasitaire: un Montréalais vit des mois d’enfer

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Une grave infection cornéenne a bien failli coûter la vue à Robert Collu, un Montréalais qui aujourd’hui voit même mieux qu’avant grâce à une greffe de la cornée reçue au Centre Universitaire de l’Université de Montréal (CHUM).

Un matin en juillet 2013, Robert Collu s’est réveillé avec une importante douleur à l’œil gauche. Puisqu’il avait eu par le passé d’autres problèmes aux yeux, il ne s’inquiète pas trop.

La douleur persiste, et une semaine plus tard, jour de son anniversaire, elle devient insupportable.

Il se présente aux urgences où on lui prescrit des antibiotiques, mais le traitement s’avère inefficace.

«Au bout de deux semaines, je souffrais toujours. Rien n’y faisait», raconte le patient dans une vidéo produite et diffusée sur le site internet du CHUM.

Au mois d’août 2013, il réussit à obtenir un rendez-vous d’urgence avec une ophtalmologiste qui était sur le point de partir en vacances, la Dre Mona Harissi-Dagher.

«Elle a accepté de me recevoir en urgence et a tout de suite reconnu l’infection dont je souffrais (la kératite à acanthamoeba) et a pu entreprendre un nouveau traitement», précise M. Collu.

CAPTURE D’ÉCRAN VIDÉO SITE INTERNET DU CHUM.

Cette infection, la kératite à acanthamoeba est une maladie rare qui, lorsqu’elle n’est pas traitée à temps, peut causer de graves dommages à la cornée et mener à la cécité, indique le CHUM sur son site internet.

Ce type de kératite est provoqué par l’invasion de la cornée de l’œil par l’amide, un parasite.

En temps normal, la kératite à acanthamoeba peut survenir à la suite d’une coupure à l’œil, lors d’une exposition à de l’eau contaminée ou chez les utilisateurs de lentilles cornéennes.

Le parasite arrive à se loger entre la cornée et le verre de contact où il peut vivre très longtemps, indiquent plusieurs sites scientifiques, de là l’importance de bien désinfecter les lentilles cornéennes.

Grattage de la cornée

Robert Collu a tenté plusieurs traitements: des gouttes chaque heure dans les yeux, et a même tenté d’utiliser un produit qui ne se vendait qu’en Europe.

«J’ai aussi eu des grattages de cornée pour tenter d’enrayer l’infection. Les semaines ont passé sans résultat significatif», précise M. Collu.

Quatre mois plus tard, soit en novembre 2013, la Dre Dagher lui parle de greffe de cornée.

Pendant les mois de traitement, les capacités visuelles de Robert Collu ont décliné: il a perdu 70% de sa vision.

«Quand on a une infection cornéenne, la cornée ne permet plus à la lumière de rentrer dans l’œil», précise Dre Dagher.

Il lui était impossible de lire, de regarder la télévision, de conduire, ni même de travailler, et était toujours en souffrance.

«En février, la Dre Dagher m’a fait une greffe de cornée humaine. Deux jours plus tard, plus de douleur. Après des mois de souffrance, je pouvais envisager l’avenir autrement. Pour recouvrer la vue, j’ai subi une opération de la cataracte. Et d’un coup, je suis passé de l’ombre à la lumière. La Dre Dagher, ses résidents et postdoctorants m’ont sauvé la vue.»

«On a une expertise spéciale au CHUM en greffe de cornée artificielle. On reçoit au CHUM des consultations de partout au Canada», conclut Dre Dagher.

Aujourd’hui, Robert Collu a retrouvé la vue, même qu’il voit encore mieux qu’avant.