/news/society
Navigation

Rendez-vous à l'hôtel Péloquin!

1883

Rendez-vous à l'hôtel Péloquin!
Photo banq, « The Rendez Vous of the Snow Shoers at the Sault au Recollet », Gravure d’Henri Julien, tirée de The Canadian Illustrated News, Montreal, Burland Lithographic Co., Janv. 27, 1883, Vol. 27, no. 4. p. 57.

Coup d'oeil sur cet article

Aujourd'hui
Photo Pierre-Paul Poulin
Aujourd'hui

EN ROUTE VERS AHUNTSIC

À l’occasion du premier carnaval d’hiver en 1883, l’hôtel Péloquin à Ahuntsic est le rendez-vous des amateurs de sports d’hiver, comme le montre cette scène captée sur le vif par l’artiste Henri Julien. La perspective d’une randonnée en raquettes et de courses de traîneau à la campagne suivie d’un bon repas à l’hôtel attire les sportsmen aux abords de la back river. C’est d’ailleurs à la fin du 19e siècle qu’Ahuntsic devient une destination de villégiature. Celle-ci étant située à six milles (9,7 km) de Montréal, il est même plus rapide de s’y rendre en hiver grâce aux traîneaux. Vers 1885, le transport en commun s’organise : de grandes sleighs tirées par quatre ou six chevaux mènent les villégiateurs à bon train dans la campagne enneigée. Après un arrêt à mi-chemin à la bruyante guinguette de l’hôtel Bougie, qui a été visité par le diable en personne selon la rumeur, la fête se continue à l’hôtel Péloquin.  

À L’HÔTEL PÉLOQUIN

Ce splendide hôtel de style Second-Empire s’élevait jadis sur le coin sud-ouest de l’intersection Gouin et Lajeunesse. Après leur longue randonnée, les joyeux raquetteurs peuvent s’y restaurer et faire la fête. Après un tragique incendie, Narcisse Lajeunesse fait construire un deuxième hôtel sur cet emplacement vers 1876. Mais la dépense est telle que le nouveau gîte est finalement vendu à Jean-Baptiste Péloquin. Ce dernier dote l’endroit de tous les conforts modernes, y compris le téléphone ! La grande salle à l’étage fait la joie des danseurs alors que les musiciens jouent des airs pour les quadrilles, valses-lanciers, cotillons, et même des gigues voleuses ou trompeuses. Mais de tels amusements ne plaisent pas à tous : Péloquin est condamné à payer deux amendes de 30 $ en 1884 pour avoir servi de l’alcool le dimanche. Après 35 ans d’existence, l’hôtel Péloquin disparaît en 1911 dans un incendie dont les causes restent nébuleuses.    

UN SPORTIF À LA MODE

Avec sa moustache et sa passion pour le plein air, le militaire Charles E. Torrance est bien de son temps. Comme de nombreux jeunes hommes de son époque, il est à l’affût des nouveaux sports. Le 3 mars 1875, il est le capitaine de l’une des deux équipes s’affrontant lors du premier match de hockey de l’histoire au Victoria Skating Rink à Montréal. Il n’est donc pas étonnant de le voir quelques années plus tard en tant que président du comité organisateur des glissades en toboggan au premier carnaval d’hiver de Montréal. Éclairées avec des lampes électriques, des rampes sont aménagées sur la rue Peel, le mont Royal et le chemin de la Côte-des-Neiges. Les touristes américaines sont conviées à venir dévaler les pentes en compagnie d’habiles jeunes hommes qui ne ratent jamais un virage. L’enthousiasme de Charles E. Torrance est toujours au rendez-vous l’année suivante, alors qu’il est membre du comité à la recherche d’appuis pour une deuxième édition des festivités.